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L’absentéisme ne peut laisser aucun bon gestionnaire indifférent. Il est devenu structurel et le goût du travail se perd. Malgré les multiples réformes mises en œuvre par le gouvernement malien pour rendre l’administration publique plus performante, de nombreux dysfonctionnements comportementaux entravent la réussite des initiatives visant à remettre les travailleurs dans une dynamique de production et de rentabilité et les faire réellement participer au développement économique.

Il est grand temps de revoir les causes profondes de la perte de temps dans l’administration publique du Mali. Au plan général, on constate que ce phénomène est dû à la gestion non axée sur les objectifs et l’obligation de résultat, et la corruption.

Les causes spécifiques de la gestion du temps dans l’administration publique ont pour noms : faible recours à la planification, grand nombre de niveaux hiérarchiques, grand nombre de réunions, beaucoup de visiteurs, grand nombre d’appels téléphoniques privés, mode inadéquat de traitement du courrier et discussions entre collègues, perception du temps selon laquelle le temps appartient à Dieu, culture administrative où la «malinoiserie» n’encourage pas la performance, l’attachement à la valeur de la reconnaissance et l’ingratitude sont sans doute à l’origine du phénomène dit de la petite corruption. Tout le monde reconnaît que plus rien n’est à sa place.

Les attitudes et comportements qui contribuent à l’inefficacité et à l’échec d’une organisation rationnelle du service public et de la productivité sont identifiés : corruption, paresse, retard, absence, injustice sociale, attrait du gain facile.

Ces divers facteurs ont des conséquences aussi bien sur l’Etat que sur les usagers de l’administration publique. La perte de temps annuelle dans l’administration publique malienne occasionne un coût d’opportunité. En perdant du temps, les fonctionnaires volent non seulement l’Etat, car ils reçoivent un salaire qu’ils ne méritent qu’en partie, mais lui causent aussi et surtout un gap important en matière de financement.

Aux ménages et opérateurs économiques, la perte de temps occasionne des coûts subjectifs et objectifs notamment financiers. Le coût financier subi par les opérateurs économiques est bien entendu plus important.

Tentons de mener une enquête à travers un cabinet pour se convaincre de la triste réalité. L’administration publique perd des milliards de francs CFA par an. Mais, que faire pour rattraper la situation et réduire l’absentéisme, les retards, la désaffection à l’égard du travail ?

Les trois axes pour sortir de l’impasse : sont de redonner au travail sa valeur, construire une nouvelle identité pour l’administration publique et former à la citoyenneté pour faciliter l’appropriation des vrais changements dont nous avons besoin.

On peut retenir entre autres : instaurer le travail par objectifs en lieu et place du travail par activités, instaurer l’obligation de résultats, mettre en place un système fiable d’évaluation des performances individuelle et organisationnelle, mettre en place un mécanisme efficace d’avancement et de suivi de carrière fondé sur la performance individuelle, dépolitiser l’administration publique malienne, lutter contre la petite corruption, renforcer les capacités des fonctionnaires et surtout des cadres en techniques de planification, réglementer les visites privées au cours des heures de travail, réglementer l’usage du téléphone dans les administrations publiques, moderniser le mode de diffusion interne de l’information, limiter les discussions pendant les pauses.

Gnimadi Destin

06 Mai 2009