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L’échiquier politique malien s’enrichit malgré les critiques acerbes de certains représentants de la société civile et de la classe politique selon lesquelles il y a nécessité de revoir la configuration de la classe politique afin de mettre fin au cycle infernal de scissions qui sont à l’origine des échecs de la plupart des partis politiques.

En effet, il existe aujourd’hui peu de partis politiques qui n’aient pas connu de scission de l’ouverture démocratique à ce jour.

Ce cycle est loin d’avoir pris fin en raison de la poursuite des scissions de partis. Et aujourd’hui, au moment où certains partis comme l’Adéma et l’URD sont en train de travailler à des rassemblements de forces politiques venant de divers horizons, des partis se fissurent.

Le RPM versus l’URD et l’ADEMA?

C’est le cas aujourd’hui du RPM qui a déjà engendré tois partis: le FDM, l’UDM, et récemment la CODEM. Il s’agit de partis créés par des cadres du RPM avec d’autres camarades venant d’autres partis politiques. A la différence du RPM, l’Adéma et l’URD sont considérés depuis quelques mois comme étant les partis ayant le vent en poupe.

La preuve, leurs responsables sont en train de ratisser large en continuant à enregistrer des adhésions de cadres et militants déserteurs, mais aussi venant d’autres partis politiques où, à en croire les dissidents, l’espoir s’aménuise de plus en plus.

Après avoir enregistré ces succès, les ténors de ces deux partis sont partagés entre l’enthousiasme et l’inquiétude de lendemains et cela à juste titre.

En effet, on se rappelle que les scissions de l’Adéma sont nées de la célébrité de ce parti considéré alors comme parti majoritaire et ayant alors de nombreux cadres, tous ambitionnant et à juste titre d’avoir des promotions. C’est cela l’équation majeure que le parti se doit de résoudre pour l’atteinte de ses objectifs.


Le retour à la case départ

On se rappelle qu’un moment, le Pr. Mohamédoun Dicko avait précisé que le parti de l’Abeille Solitaire regorgeait tellement de cadres qu’il était en mesure degérer seul les affaires publiques sans recourrir à des cadres d’autres partis.

Cela n’est-il pas toujours d’actualité? En tout cas, il semble que la base du parti est davantage consolidée et que le risque de sission est redevenu d’actualité.

A moins que les ténors actuels du parti aient une nouvelle stratégie cachée et mieux élaborée pour gérer les conflits internes du parti. Si c’était le cas, ne serions-nous pas en mesure d’affirmer que ce sera le retour à la case départ? Le temps nous en dira.

L’Urd bien parti?

A l’URD, nous avons à peu près le même problème, malgré les propos d’apaisement et d’assurance. En effet, la déclaration faite par le ministre Oumar Ibrahima Touré à la veille du récent congrès de l’URD semble conserver des séquelles dans la profondeur du parti, malgré l’intervention de Soumaïla Cissé, le parrain du parti, qui a pris des dispositions pour que le débat ne fasse pas rage au sein du parti lors dudit congrès.

Toute chose qui aurait pu entâcher les travaux. Mais, et après le congrès? Peut-on affirmer qu’il y a l’unanimité autour de l’approche adoptée par le parrain du parti? En tout cas certaines sources rapportent qu’il a fait beaucoup de mécontents en choisissant d’imposer ses choix et on dit par endroits que cela n’est pas démocratique.

Au regard de tout cela, sait-on jamais ce qui adviendra? Peut-on être certain que le ministre Oumar Ibrahima Touré, 2ème vice-président de l’URD a lâché prise? Ce sont ces interrogations qui fusent de tous les côtés depuis la fin du congrès.


La menace par les divergences de clans

En effet, quoiqu’on dise, dans ces partis, il y a les anciens et les nouveaux arrivants. Certes, pour les directions des partis respectifs, cette question ne se pose pas.

Mais qu’en est-il des cadres et responsables des deux partis? Nul ne peut rien dire à présent à ce sujet dans la mesure où tout est question surtout d’intérêts individuels ou de clans qui, en général, prennent le dessus sur l’intérêt collectif. Cela est une constante dans notre processus démocratique et il n’est pas sûr que les données ont changé.

En effet, l’une des caractéristiques de notre démocratie est que certaines pratiques ont la vie dure. Doit-on espérer que la réflexion sur le processus démocratique sera une alternative à ces constats?

Une question de mentalité et d’intérêt

Rien n’est moins sûr quand on sait que qu’il s’agit surtout d’une question de comportement, de mentalité et surtout d’attrait du gain chez les acteurs politiques. Toute chose qui témoigne du fait de l’inexistence d’idéologie forte au sein des partis qui serait de nature à garantir leur cohésion, mais surtout à fidéliser les cadres et militants. Pourquoi ce déficit d’encrage idéologique?

Une chose est sûre aujourd’hui, le plus grand nobres de personnes adhèrent aux partis, espérant que cela serait une opportunité pour eux de changer qualitativement leur être social. Ce souci malheureusement commande le plus les initiatives et actes que nombre d’acteurs politiques posent depuis des années d’où des ruptures interminables au sein des partis.


La nécessaire réhabilitation des partis

Une pratique qui est à l’origine de toutes les déchéances des partis et entame progressivement leur crédibilité auprès de l’opinion publique nationale dont l’engagement détermine pourtant le succès où l’échec des partis aux différents scrutins. Il est aujourd’hui, plus que jamais nécessaire d’aller vers la réhabilitation des partis politiques.

Cette mission ne peut être accomplie par une autre structure ou à travers les réformes ou réflexions comme engagées depuis quelques mois par une commission dirigée par M. Daba Diawara. Quels que soient les résultats de cet exercice, il ne peut en soi réhabiliter les partis politiques.

Seuls les acteurs politiques peuvent mieux s’organiser pour soigner leur propre image, mais surtout pour corriger les insuffisances nées de la gestion interne des partis, mais aussi tisser un nouveau type de relations avec ceux-là qui, à travers leur suffrage, donnent la chance aux partis d’avoir des élus.


Moussa SOW

04 Juin 2008