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La belle époque

Dans notre édition du 26 Juin 2008, nous publions un article ainsi intitulé : “SECTION ADEMA DE KATI : Pour qui roule Daouda Sacko ?”. Nous décrivions tous les contours du complot consistant à faire élire Dialla Dagnoko secrétaire général de ladite section. Mais le complot est devenu réalité, en dépit des tergiversations du président du CE.

En effet, tout porte à croire qu’à la veille du dernier congrès, il existait un deal entrele secrétaire général sortant, Daouda Sacko, et certains barons de la section, notamment Soumana Coulibaly, Moussa Diaby, Dialla Dagnoko, SG adjoint de la section et chef de cabinet du ministre Sékou Diakité. Et que dit le deal?

Conformément à cet accord politique secret, Sacko a cédé sa place à Dialla Dagnoko. En contrepartie, le chef de cabinet a aidé Daouda Sacko à devenir Secrétaire Général de la sous-section de Kati, en lieu et place du député Mamadou Sériba Sidibé. Quant à Soumana Coulibaly, précédemment Traducteur au ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale (car il est Professeur d’Allemand), il est devenu Directeur régional du Développement Social à Koulikoro.

Par ce jeu, Dialla Dagnoko, membre de la sous-section de N’Gabakoro-Droit, est parvenu à mettre les responsables de la ville de Kati dos à dos, pour devenir secrétaire général de la section. L’attitude de Sacko a surpris plus d’un. Au lieu de chercher une promotion en allant au Comité Exécutif, le secrétaire général d’alors, membre de la commission centrale de discipline du parti, a abandonné le poste de secrétaire général de la section au profit de celui de la sous-section. Donc, au lieu de monter, l’éminent juriste a plutôt baissé en grade. Visait-il le poste de maire?

Le groupe dispersé

Aujourdhui, on peut affirmer, sans risque de se tromper, que le groupe qui a manoeuvré pour imposer Dialla Dagnoko comme secrétaire général de la section de Kati est au bord de l’éclatement. En effet, à la veille de la conférence élective de la sous-section de Kati-ville, pour les municipales, Daouda Sacko avait téléphoné à certains, pour dire qu’il n’est nullement demandeur de quoi que ce soit. Mais en réalité, il lorgnait la première place sur la liste, dans l’espoir de devenir maire, après trois mandats d’affilée de conseiller. Il savait que le poste de secrétaire général de la sous-section lui permettait de réaliser ce rêve.

Ainsi, lors de la conférence du week-end écoulé, on a décidé de “marcher ” sur les textes du parti. En effet, Dialla Dagnoko, en sa qualité de secrétaire général de la section, et Cheick Diarra, également membre dudit bureau, étaient à Kati, pour certainement tenter de secourir les camarades en difficuluté. Au lieu de rester neutres, les deux camarades qui ne sont pas membres de cette sous-section tenteront d’influencer la commission d’investiture en y siégeant même. Mais sans succès.

A preuve, au lieu d’être tête de liste, Daouda Sacko sera classé 29è, donc dernier sur la liste. Non content de ce classement, il a préféré gelé sa candidature. Quant à Soumana Coulibaly, déjà nommé Directeur régional du Développement Social de Koulikoro, il voulait être 2è sur la liste à Kati. Il a buté sur le refus de la majorité de ses camarades qui lui ont barré la route. Alors, coïncé, il a préféré se soumettre à la volonté populaire. C’est dire qu’il ne fera pas de cumul.

Cependant, son entêtement à se faire élire conseiller laisse penser qu’il donne raison au syndicat opposé à l’arrêté du ministre portant sa nomination et celles de Soumana Coulibaly et d’autres comme Directeurs régionaux. Autrement dit, “Zou ” fait croire que cet arrêté serait annulé pour des motifs que chacun sait.

Quant à Demba Kéïta, mis en 15è position sur la liste, il a refusé cette place, arguant qu’il n’a pas avancé, car c’est le même rang qu’il occupait en 2004. Sur-le-champ, son frère a été désigné à sa place. C’est finalement Hamalla Haïdara dit “H 2 ” qui sera désigné tête de liste.

Ce n’est pas de gaieté de coeur que Dialla Dagnoko et acolytes l’ont voulu. Ce qui est sûr, c’es que M. Haïdara n’est pas n’importe qui à Kati. En 1997, sa liste a obtenu 8 conseillers, contre 10 pour l’ADEMA au pouvoir. En 2004, sur la liste RND, il a eu 4 élus, contre 7 pour le parti de l’Abeille. Comme pour dire qu’il a été toujours un bon 2è. A la faveur de la fusion RND-ADEMA, il est de nos jours tête de liste pour faire gagner le parti de Dioncounda Traoré dans la ville de Kati.

En tout état de cause, ce sont ceux-là mêmes qui s’étaient mis avec Dialla Dagnoko pour ourdir le complot contre les autres qui sont les premiers à traiter le chef de cabinet de Sékou Diakité de “traître” et de “menteur”. Car depuis que M. Dagnoko a eu ce qu’il voulait, il a tourné dos à ses compagnons.

Avec la non reconduction de Daouda Sacko sur la liste du parti pour les municipales, peut-on dire qu’il est un homme politiquement fini? Ou alors, Dialla Dagnoko, qui viserait les législatives de 2012 à Kati, usera-t-il de son statut de chef de cabinet en lui trouvant un point de chute?

Alima Traoré en mauvaise perdante

En Commune II, la présidente du Mouvement national des femmes ADEMA était à la recherche d’un autre mandat. Mais Mme Coulibaly Alima Traoré devait comprendre qu’après trois mandats à la mairie et une tentative à la députation de 2007 soldée par un échec, son image ne passait plus auprès des habitants de sa Commune. Mais comme elle est la soeur de Dioncounda Traoré, président du parti, elle a dû estimer que personne ne peut l’empêcher d’être sur la liste. Même si l’ADEMA doit perdre, il faut la choisir tête de liste, comme en 2004.

Mais “Payi” , comme l’appellent ses intimes, devait comprendre que tous sont unanimes qu’elleest l’une des plaies du parti en Commune II. C’est du moins ce qui a été exprimé par 11 des 12 sous-sections, lors de la tournée du secrétaire général Sékou Diakité dans la section. Par conqéquent, ces sous-sections se proposaient de sanctionner l’ADEMA-PASJ, si jamais la section s’entêtait à mettre Mme Coulibaly Alima Traoré sur la liste aux municipales.

C’est dire que Sékou Diakité et camarades étaient suffisament avertis pour ne pas commettre l’irréparable. C’est pourquoi, dans la lettre d’invitation à la conférence envoyées aux sous-sections, il été écrit de ne pas procéder à un classement des candidats ; pour éviter des problèmes au moment de faire la liste. Mais Alima et partisans n’ont pas compris le jeu. Ils le découvriront lorsque tous les postes convoités par la soeur du président seront disputés par d’autres. Le seul poste restant n’était que la dernière place sur la lsite. Alors, retenue 37è sur 37, “Payi “ a décliné cette offre. Sur-le-champ, un autre a été appelé pour la remplacer.

Mais mécontente, Alima ne s’est pas contentée de se désister sur la lsite, car elle a publiquement déclaré qu’elle démissionne du parti parce qu’elle se dit victime de trahison. Une démission qui n’est d’ailleurs pas prise au sérieux, puisque ce n’est pas la première fois que cette femme déclare avoir quitté l’ADEMA. Et à chaque occasion, c’est son frère qui refuse toujours d’entériner sa démission. Cette fois-ci, est-elle partie pour de bon?

Attendons de voir dans 15 jours, délai au bout duquel la démission est considérée comme consommée, si la démissionnaire ne revient pas sur sa décision. Mais il reste entendu que “Payi ” est une mauvaise perdante, car si occuper la dernière position sur la liste est synonyme de trahison, que dire de ceux qui ont accepté cette place en 2004, pour que Alima soit tête de liste? Mérite-t-elle plus que ces derniers au sein du parti ? Pour que la liste d’un parti soit valable, ne faudrait-il pas que certains acceptent de la compléter, même s’ils savent qu’ils n’ont aucune chance d’être élus ?

Un loup politique nommé Bill

Si Coulibaly Alima Traoré joue à la mauvaise perdante en Commune II, en Commune V (sur la rive droite du fleuve Niger), l’unanimité a été faite autour de la personne de Boubacar BAh dit Bill, pour conduire la liste ADEMA aux minicipales. Cette liste de 45 candidats a été approuvée par 84 pour et 3 abstentions lors de la conférence élective de section. Mieux, après le vote, aucun délégué n’a demandé la parole pour faire une observation sur la liste.

Contrairement aux années passées, les militants de la Commune V disent que c’est un autre Bill qui est arrivé. Avant, il avait toujours imposé des candidats à la section, contre la volonté de ses camarades. Pour lui, tous ces candidats avaient la capacité de faire gagner le parti. Or, dans certains cas, il se trompait dans ses choix. Mais dans d’autres, ces candidats contestés, une fois élus, ont claqué la porte de l’ADEMA pour rejoindre d’autres partis.

Ayant certainement tiré les leçons de ces expériences électorales, Bill a accepté, cette année, de respecter les choix envoyés par les sous-sections. C’est la commission d’investiture qui a déclaré un candidat et disqualifié deux autres, pour des raisons qu’elle même a expliquées à la conférence.

Toute le monde semble avoir apprécié la neutralité de Bill qui n’a pas cherché à influencer les choix des candidats. C’est la preuve d’une maturité politique d’un homme qui a tout investi pour le parti dans sa Commune. Mais jusqu’à présent, il n’a obtenu aucun mandat. Seulement, Bill a toujours été victime de complot, de trahison et de coups bas. Enervé, il avait tenté de démissionner en 2004. Mais Dioncounda Traoré a refusé, et Bill s’est plié à la volonté du président en acceptant de continuer à s’occuper du parti. A sa place, un autre allait s’y prendre autrement.

Le respect du genre

Pour aller aux municipales, la section a fait appel à des hommes et femmes capables de mobiliser, parce que tous les candidats sont des figures représentatives dans leurs quartiers. C’est le cas de Mme Diabaté Fatoumata Diombana, 2è secrétaire à la communication du CE. Celle qui est N°2 sur la liste mobilise les foules à Baco-Djicoroni. Elle n’est trempée dans rien. En tant qu’opérateur économique, son rôle consistait jusqu’ici à mobiliser pour le parti, sans rien demander en contrepartie.

Militante disciplinée, Mme Diabaté l’est, car aux législatives partielles en Commune V, après le décès de Kadari Bamba, elle a refusé d’accéder à la demande de certains caciques du parti qui l’a préféraient à Ibrahim Coulibaly dit “Bri ”. Faisant le même quartier que ce dernier, elle ne voulait certainement pas engager un bras de fer inutile au sein du parti. Comme pour dire qu’elle préférait attendre son heure et une autre occasion : les municipales de 2009 ?

D’autres personnes sur lesquelles le parti comptera sont, entre autres, Amadou Sidibé dit Alain, secrétaire permanent au siège à Bamako-Coura, Ibrahima Dioné, Galaye Doucouré. Pour ceux qui ne le savent pas, M. Doucouré était tête de liste URD en 2004 et avait payé un million de FCFA contre la promesse du poste de maire. Mais après l’élection, le parti lui a préféré Demba Fané. Alors, mécontent, Galaye Doucouré a viré à l’ADEMA.

Enfin, la Commune V est vraisemblablement la seule qui a respecté les consignes du CE. En effet, dans une lettre circulaire, la direction nationale a demandé aux structures de respecter le genre, lors de l’établissement des listes de candidatures. Cest ainsi que sur les 45 candidats de la liste en Commune V, il y a 13 femmes, dont 9 parmi les 20 premiers.

Oumar SIDIBE

04 mars 2009