Partager

L’Adéma, jusqu’à la preuve du contraire, est considéré comme le parti le mieux implanté de l’échiquier politique national, mais aussi celui qui a pu se faire élire le plus grand nombre de députés et de conseillers communaux. Mais depuis la veille des élections générales de 2002, le parti est dans une zone de turbulence qui ne dit pas parfois son nom. Les partis issus de l’Adéma sont au nombre de trois au total. Malgré ces scissions, il demeure l’un des plus dynamiques à cause de ses résultats électoraux.

Ces derniers temps, le parti se bat tant bien que mal pour tenter de rédorer son blason, de reprendre la place qui est la sienne dans l’échiquier politique national. D’où l’idée de reconstitution de l’Adéma originel, battu en brèche par certains cadres du parti qui estiment que ceux qui désertent la ruche ne peuvent y revenir sans donner d’explications sur les motivations de leurs réactions et de leur nouvelle option.


De la reconstitution de l’ ADEMA originel

Ce fut la réaction, en son temps, de Seydou Traoré, secrétaire politique de l’Adéma qui avait exigé à ce que les circonstances des départs des camarades soient élucidées avant qu’il ne soit question de reconstitution de l’Adéma originel. Dans tous les cas, après un débat houleux sur la question, les uns et les autres ont calmé leurs ardeurs.

D’ailleurs, par la suite, on dira que ce sont des cadres du RPM qui étaient demandeurs de cette reconstitution. Il y avait même eu des des visites de courtoisie entre des responsables de l’Adéma et certains du RPM. Des échanges de vues sur les questions d’intérêt national et les perspectives politiques.


A la conquête du maximum de cadres et militants

Quelque temps après, ce fut une longue pause de toutes parts, avant que l’Adéma ne lance son offensive en direction des cadres et militants des autres partis. Ces offensives furent une réussite pour le parti en terme de mobilisation de militants et cadres. Mais, il semble se poser depuis quelques mois le problème de la gestion de cette ruée de cadres et militants vers l’Adéma. Le processus de renouvellement des structures de base du parti est en panne depuis un certain moment.

Et les raisons qu’on avance sont relatives à des positionnements tous azimuts de cadres et militants à la base. En effet, comme il falait s’y attendre, les anciens n’entendent pas faire de la place pour les

nouveaux arrivants.


A quand le congrès?

Au même moment, ces derniers n’entendent pas se laisser faire. Pour ces difficultés, en fin de compte, le congrès a été reporté à fin Octobre. Même là il n’est pas encore sûr que cette date sera respectées, étant donné les multiples réglages nécessaires à la tenue de ce congrès tant attendu.

En prélude à cela, en plusieurs endroits, il a été procédé à des remembrements des structures de base. Ainsi, ceux qui étaient pressés pour la tenue du congrès seront obligés de prendre leur mal en patience.


Alpha et l’ADEMA

Il pourrait bien avoir ses particularités, dans la mesure où l’ancien président de la République Alpha Oumar Konaré est de retour au bercail. Certes, il n’a rien dit pour le moment, mais nombreux sont les observateurs de la scène politique qui croient ferme que Alpha ne restera pas tranquille, à l’écart de la politique.

Pour d’autres, il ne sera pas personnellement candidat, mais aura à appuyer son candidat à l’élection présidentielle de 2012. Qui peut bien être ce candidat? En tout cas, on s’attend, au sein de l’opinion publique nationale à ce que le parti présente son candidat à la présidentielle de 2012.

Au même moment, les avis semblent partagés à l’Adéma relativement à l’ancien président Alpha Oumar Konaré. Il n’est pas évident que ses mots d’ordre seront suivis par tous pour diverses raisons. En effet, l’Adéma est un parti qui réserve toujours des surprises à travers les réactions et prises de positions de ces cadres et militants.

Un renversement de tendance en 2012?

L’Adéma est et demeure un parti qui entretient des situations ambiguës. Ce qui a le plus attiré l’attention ces dernières années, c’est le fait que les cadres du parti ont appris à ne pas aller ensemble aux élections. Ce fut le cas en 2002 et en 2007. Peut-on s’attendre à un renversement de cette tendance à l’orée de 2012 ?

Il est difficile de jurer quoi que ce soit concernant l’Adéma, un parti constitué de plusieurs groupes ayant chacun ses intérêts partisans. Aussi, y a-t-il lieu de chercher à comprendre si tous les cadres du parti roulent véritablement pour l’Adéma.

Qu’en sera-t-il de la cohésion du parti en 2012 ?

En tout cas, dans les coulisses, certains laissent croire qu’il n’est pas sûr qu’en 2012, la cohésion de l’Adéma ne serait pas encore entamée. C’est le temps qui nous en dira, puisque le congrès qui s’annonce aura à gérer des questions très délicates comme celle de la réhabilitation de Soumeylou Boubèye.

Personne n’a oublié l’ambition que celui-ci a manifestée à l’élection du président de la République au point d’abandonner son parti pour pouvoir présenter sa candidature à cette élection et contre le gré du CE du parti. La question que l’on se pose aujourd’hui, c’est de savoir si toutefois il a renoncé à cette ambition.

Aussi, des rumeurs concordantes et persistantes font état de l’existence de plusieurs candidatures à l’élection présidentielle de 2012. Comme pour dire qu’en 2012, ce ne sont pas les candidats qui feront défaut à l’ Adéma.

Moussa SOW

17 Septembre 2008