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Le troisième Congrès ordinaire de l’ADEMA-PASJ est annoncé pour octobre prochain. Déjà, trois Commissions ont été créées. La commission statut et règlement intérieur, dirigé par Assarid Ag Imbarcawane, la Commission Finances, pilotée par Adama Diarra du Fonds de Solidarité National et celle du projet de société, conduite par l’ancien ministre Seydou Traoré.

Actuellement, ce sont les renouvellements des organes du parti qui sont en cours.

Et Marmanthia est accusé de faire de la subversion pour déstabiliser Dioncounda Traoré afin de reprendre.

Depuis sa création en mai 1992, l’ADEMA Parti Africain pour la Solidarité et la Justice, n’a jamais pu organiser un congrès serein. Le premier qui s’est tenu en 1994 a enregistré le départ de feu Mohamed Lamine Traoré et son groupe.

Le deuxième qui a eu lieu en 1999 a été contesté par le clan CMDT, avec à sa tête Soumaïla Cissé. Ce qui a conduit, un an plus tard, à la convocation d’un congrès extraordinaire. Les pro-BK se retirent de la ruche.

A la faveur de la présidentielle de 2002, un pan entier du parti, composé du deuxième vice-président, Ibrahima N’Diaye, du Secrétaire général Marimanthia Diarra et de plusieurs autres membres du Comité Exécutif ont lâché le candidat du parti, Soumaïla Cissé, au profit du candidat ATT. En juin 2003, les fidèles de celui- là ont également faussé compagnie aux abeilles.

Les turbulences au sein de la ruche ne se sont pas arrêtées là. Que non ! A la faveur de la présidentielle de 2007, le premier vice-président du parti, Soumeylou Boubèye Maïga, qui avait récusé la candidature du président sortant, au nom des rouges et blancs, a été exclu par ses camarades. Son retour récent au sein de la ruche a provoqué quelques résistances, finalement anéanties.

Actuellement, ce sont les renouvellements des organes du parti dans la perspective du troisième congrès ordinaire, annoncé pour octobre prochain, qui opposent les uns et les autres.

Tous les barons sont à la conquête de la base. C’est ainsi que de fortes personnalités de l’ADEMA courent derrière les «petits électeurs». L’ancien ministre et non moins Secrétaire général du parti, Marimanthia Diarra, s’est imposé à Diéma, sa ville natale où il est le Secrétaire général de la section.

L’ancien ministre, Ousmane Sy, un des fondateurs du PASJ, a réussi à séduire les militants ADEMA de Badiangara. Idem pour l’ancien ministre de l’Education, Moustapha Dicko, qui contrôle désormais la section de Douentza.

Quant au ministre de l’Agriculture, Tiémogo Sangaré, il dirige, désormais, la section de Bougouni. A Bamako, le ministre du Développement social, Sékou Diakité, a été acclamé en CII. Idem pour Yacouba Diallo, Ouali Diawara et Adama T Diarra, respectivement en communes VI, I et IV.

Le maire du District, Adama Sangaré, a été difficilement accepté à la tête de la section III. Soumeylou Boubèye Maïga en est le Secrétaire politique. Mme Zouré Fadima Maïga, qui s’est montrée ces derniers temps, comme un ATTétiste engagé, a abandonné les militants de la commune VI pour aller militer jusqu’à Ménaka, sa ville d’origine.

Les renouvellements se suivent chaque week-end et les responsables du Comité Exécutif pointent, au fur et à mesure, les sections qui leur sont dévolues. C’est dans cette optique que Marimanthia, soupçonné de vouloir disputer au président sortant, Dioncounda Traoré son fauteuil, est accusé, à Bamako Coura de saboter le renouvellement des sections qu’il ne peut pas contrôler.

En effet, le dimanche 20 juillet, instruction avait été donnée au Secrétaire général, Marimanthia Diarra, pour désigner des superviseurs pour la section de Kati. Il ne l’a pas fait jusqu’à l’heure H parce que sa protégée qu’il voulait propulser à la tête de la section, Mme Touré Kadiatou Maïga, députée de son état, avait mordu la poussière dans sa sous-section de Kalaban-Coura. Celle-ci est dirigée par Issa Djiré, directeur de l’OHVN, un cadre modeste du parti.

Informé de l’absence de superviseurs pendant que tous les délégués des 34 sous-sections sur 37 étaient présents dans la salle, Dioncounda Traoré a immédiatement désigné le Secrétaire administratif, Moussa Alassane Touré, pour accomplir cette mission. A l’unanimité des votants, Diala Dagnoko de la sous-section de Moribabougou, par ailleurs, chef de cabinet du ministre Sékou Diakité, a été élu Secrétaire général de la section.

A Kita, le même Marimanthia Diarra est indexé comme étant à la base du conflit qui divise toujours la section. Il aurait suscité la candidature de Moustaph Cissoko, président du Conseil de cercle, contre celle de Makan Tounkara, Secrétaire général sortant, cadre émérite de EDM-SA, réputé être un grand supporter de Dioncounda Traoré.

Partout où les hommes catalogués Dioncounda Traoré sortent la tête, Marimanthia interfère. C’est le cas, nous a-t-on dit à Kayes, Dïola et Ségou. Dans la capitale des Balanzans, un duel à mort pourrait opposer, ce week-end, les deux ancien ministres : Madani Diallo et Seydou Traoré. Marimanthia Diarra s’est déjà rangé du côté de ce dernier.

A suivre.


Chahana TAKIOU

23 Juillet 2008