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Suite à la décision du Comité Exécutif de l’ADEMA, prise le mercredi 29 novembre, portant sur la suspension et la proposition d’exclusion lors de la prochaine Conférence nationale de Soumeylou Boubèye Maïga et de quatre autres membres de la direction du parti, le président Dioncounda Traoré a invité, à travers une lettre circulaire, toutes les sections «à faire de même mais avec discernement en ce qui concerne les militants et responsables impliqués dans le lancement de Convergence 2007». Le premier visé par cette correspondance, est sans aucun doute, l’ancien ministre Ousmane Sy qui avait répondu le 25 novembre dernier à l’invitation de son ami Soumeylou Boubèye Maïga.

Le président de l’ADEMA, Dioncounda Traoré, a adressé, le 4 décembre, une lettre circulaire à tous les secrétaires généraux de section ADEMA de l’intérieur et de l’extérieur pour les informer de la proposition de l’exclusion de Boubèye et autres du parti.

De même, il a envoyé à chacun des cinq membres suspendus du Comité Exécutif, avec à leur tête le premier vice-président, Soumeylou Boubèye Maïga, la notification de leur suspension et de leur prochaine exclusion, qui sera soumise à la Conférence nationale de janvier 2008.

Dans la lettre circulaire, il est «demandé aux sections du parti de faire de même mais avec discernement en ce qui concerne les militants et responsables impliqués dans le lancement de Convergence 2007».

En clair, il s’agit de suspendre et de proposer aux instances appropriées l’exclusion de tous ceux qui ont participé de loin ou de près au meeting des amis de Boubèye.

Au premier plan, c’est l’ancien ministre en charge de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Ousmane Sy, qui est visé parce que tout simplement, il a participé, sur invitation de son ami Boubèye, au meeting de lancement de Convergence 2007.

Au-delà de l’ex-ministre Sy, ce sont les nombreux militants et responsables de l’ADEMA «impliqués dans le lancement de Convergence 2007» qui sont sous la menace d’exclusion à moins que la gestion avec «discernement» n’épargne certains.

A Bamako-Coura, siège du parti, on susurre que la procédure de suspension puis d’exclusion de l’un des plus brillants ministres du président Konaré est déjà enclenchée au niveau de la sous-section de Bacodjikoroni dont il est le secrétaire général. On comprend mal qu’en qualité de premier responsable de cette structure Ousmane Sy convoque une réunion tendant à le sanctionner.
Notre interlocuteur nous a confié qu’avec ou sans lui, la sous-section de ce quartier huppé de Bamako se réunira pour «agir».

Reste à savoir si les membres de cet organe vont accepter de sévir contre leur secrétaire général qui n’a porté atteinte à aucune disposition des textes du parti. On sait que Ousmane Sy dérange depuis plusieurs mois parce qu’à l’instar de Boubèye et de l’ancien ministre El Madani Diallo, il n’est pas d’accord que l’ADEMA soutienne ATT en 2007 en «violation de ses propres textes».

Dans la seconde correspondance dite de notification, Dioncounda Traoré reproche à Boubèye et autres les injures, les accusations graves, les actes d’indiscipline prémédités, caractérisés et avérés.

«Au cours du meeting de lancement de Convergence 2007 des injures, des accusations graves ont été proférées à l’endroit des responsables politiques maliens y compris notre parti et l’action d’un gouvernement du Mali auquel notre parti, l’ADEMA-PASJ est partie prenante. Vous ne vous êtes pas démarqué bien que ces pratiques soient sanctionnées suivant les dispositions de l’article 73 des statuts du parti…» a écrit Dioncounda Traoré dans les lettres de notification.

«En violant ainsi un des principes démocratiques fondamentaux du parti et consacré dans l’article 4 du chapitre II des statuts portant sur les fondements et principes du parti qui fait obligation à la minorité de faire sienne la décision de la majorité. Vous saviez donc à quoi vous vous exposiez» relève t-on dans la lettre du président Dioncounda Traoré.

Chahana TAKIOU

07 décembre 2006.