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En prélude à la conférence internationale sur l’abolition des
frais scolaires qui aura lieu dans notre pays du 19 au 22 juin 2007 par
l’Association pour le Développement de l’Education en Afrique (ADEA),
l’UNICEF et la Banque mondiale, un point de presse a été organisé le
vendredi dernier au ministère de l’Education Nationale. Il était animé par
Mamadou N’Doye, président de l’ADEA, Dina Craissati de l’UNICEF (New York),
Bonaventure Maïga du ministère de l’Education Nationale en présence du
représentant de la Banque mondiale Atou Seck.

Au total 23 pays africains ainsi que des délégations d’autres
continents du globe prendront part à cette conférence internationale.

UN EFFORT EN FAVEUR DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

Le président de l’ADEA, M. Mamadou Doye a attiré l’attention sur
la scolarisation des enfants tout en signalant le faible taux de l’Afrique.
Ainsi, en 2004, 77 millions d’enfants n’étaient pas scolarisés (dont 571
filles) contre 98 millions en 1999 (59% de filles) en Afrique subsaharienne
qui a réalisé une augmentation sans précédent de 25%. Pour le conférencier,
l’abolition des frais scolaires s’inscrit naturellement dans un mouvement
mondial de soutien et de consolidation par les pays en voie de développement
des efforts en faveur de l’enseignement primaire universel.

Il a souligné que les pays ayant pris des mesures hardies pour
abolir les frais et autres charges indirectes ont assisté à une progression
spectaculaire et impressionnante dans l’année qui a suivi cette décision.
Pour lui, l’abolition des frais scolaires s’est révélée particulièrement
efficace pour la scolarisation des filles et enfants affectés par le
VIH/Sida, d’où une chance de sortir de la pauvreté.

Il faut noter que l’abolition des frais scolaires ne concerne pas seulement
les droits d’inscription.

LA PRISE EN COMPTE DES DEPENSES DES MENAGES

Le processus doit tenir compte de tout un éventail de dépenses
incombant aux familles et aux ménages du fait de la scolarisation de leurs
enfants. Citons entre autres les droits d’inscription, les dépenses en
manuels, fournitures scolaires et uniformes, les contributions aux
Associations de Parents d’Elèves (APE), sport et autres activités scolaires,
transport, contributions aux scolaires des enseignants. “Aucun enfant ne
doit se voir refuser l’accès à l’école au motif qu’il n’a pas les moyens ou
pour des raisons financières
”, a affirmé notre interlocuteur. Mamadou N’Doye
indiquera que l’abolition des frais pourrait avoir un impact sur la qualité
de l’éducation.

L’abolition des frais scolaires doit être précédée par des
considérations financières et des calculs de coûts autour du remplacement
des sommes perdues et du financement de la brusque augmentation des
inscriptions, a souligné le conférencier. Et d’ajouter que l’abolition des
frais scolaires ne peut être engagée sans revoir les dotations à l’éducation
dans les budgets nationaux, les gouvernements devant augmenter les
investissements du pays dans l’éducation pour atteindre le critère FTI de
20% des dépenses publiques (dont 50% consacrés au primaire).

Parallèlement, le recrutement d’enseignants supplémentaires
imposé par les immenses besoins créés par l’abolition des frais scolaires
épuise les budgets de l’éducation, se heurte aux plafonds de rémunération et
aux cadres macro-économiques du FIM et gonfle la masse salariale du secteur
public, a-t-il dit.

INCITATION DES ETATS A D’AVANTAGE D’EFFORTS

La conférence de Bamako vise surtout à inciter davantage les
pays à s’attaquer aux problèmes de mise en oeuvre et à engager des processus
solides et durables d’abolition des frais scolaires. Il s’agit plus
spécifiquement d’avoir des échanges approfondis et de parvenir à une
meilleure compréhension des possibilités et des mécanismes de planification
d’une éducation de qualité améliorée et de la pérennité financière dans les
processus d’abolition des frais scolaires.

Il s’agira aussi d’élaborer des stratégies et des politiques
d’appui aux initiatives d’abolition des frais scolaires qui soient
cohérentes entre les différents partenaires au développement et en fonction
des réalités de chaque pays. La conférence aura aussi pour tâche de
renforcer le dialogue politique autour des obstacles financiers à l’accès à
l’éducation et de consolider les partenaires et les accords indispensables à
la création d’un environnement qui garantira le succès.

Rendez-vous est donc donné pour le mardi 19 juin pour la
conférence internationale.

B.S.

18 juin 2007.