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La réalité, c’est qu’une politique à deux vitesses est menée au nord… Pourquoi le Mali reste le maillon faible de la chaîne? Les pays frontaliers du Mali ont, aussi et toujours, été attaqués. Pas plus forts militairement que notre pays (en tout cas, c’est ce qu’on ose croire), ils gèrent cette… histoire. Et même dénoncent nos politiques pour leur gestion désastreuse, pointée du doigt pour une certaine complicité. Pourquoi?

Tout le monde sait aujourd’hui que le Mali est en guerre, sauf le peuple malien. Déficit de communication chronique et permanente. Où est le porte-parole du gouvernement malien? Le porte-parole des forces armées? L’ORTM (la passion du service public)? Conséquences: nous nous informons par les moyens que nous proposent « Radio Grin », RFI et autres médias sérieux ou non, par les voix des TIC. Résultats? La désinformation à outrance, donnant lieu à la panique et aux amalgames vécus ces derniers temps sur tout le territoire national…

Le Chef de l’Etat a reçu les femmes de nos vaillants soldats très remontées à Koulouba. Où étaient les professionnels de la communication de la présidence et du gouvernement? Pourquoi n’ont-ils pas proposé de recueillir les questions et les préoccupations des femmes par série et ainsi, travailler sur les esquisses de réponses à remettre au chef de l’Etat, plutôt que de le surprendre? Intercaler les interventions et lui permettre de se préparer?

Le petit nombre d’ hélicoptères pour toute l’armée malienne!… Certes vrai. Mais, sommes- nous obligés de dire àla TVnationale notre capacité en équipements militaires, informations accessibles auxbandis armés. Je comprends que le souci était de rassurer nos braves femmes que les armements étaient bel et bien déployés sur le terrain des opérations. D’accord. Ne pouvions-nous pas dire cela en pourcentage? (70% déployés dans le nord et 30% mobilisés pour la protection de Bamako et ses environs).

Pas d’amalgames, c’est vrai. Mais quelles solutions contre les risques de trahison, de fuite d’informations au sein de nos rangs? Ne faut-il pas des réponses claires et des mesures pour rassurer et nos soldats et nos populations?

Trois groupes touaregs qui combattent en ce moment dans nos rangs. Notre sécurité est-elle remise aux mains de groupes, susceptibles de retourner leurs vestes contre leurs compagnons d’armes de la veille? Soyons optimistes et partons du principe que ces trois factions ne retournent pas leurs treillis, serons-nous en mesure de payer le prix du chantage probable pour nous avoir sauvé des griffes des assaillants?

Les problèmes du nord-Mali, une histoire militaire de plusieurs générations. Pourquoi l’armée nationale n’a pas développé de stratégie à long terme pour y faire face? Sommes-nous aujourd’hui obligés d’intégrer des groupes de mercenaires ex-khadafistes, parce qu’ils sont ceux qui parlent la langues des ravisseurs?

L’Armée malienne n’a-t-elle jamais développé pour ses officiers issus de grandes écoles militaires (EMIA, EMA, écoles militaires étrangères) et à ses soldats les langues parlées au Nord? Sont-ils réellement au nombre de 300 comme affirmé par le président mauritanien et que nos autorités compétentes en ont été informées? Et nos leaders politiques? Ou sont-ils? Quels messages et prises de positions nous transmettent-ils? Ont-ils peur d’être disqualifiés pour les élections prochaines? Que craignent t-ils réellement? N’ont-ils pas plus à gagner à dénoncer ces faits plutôt qu’à tout acquiescer aux fins de leurs ambitions? C’est comme si cette crise nous surprenait, nous la population, nous l’armée, nous les politiques, nous les intellectuels, etc…. Et cela est bien dommage.

Mohamed Dramé, Consultant en communication, Bamako

17 Février 2012