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Si pour les premiers, convaincus par les explications du gouvernement, cet accord permet d’éviter à notre pays une guerre inutile, pour les seconds, il n’est rien d’autre qu’une capitulation devant une bande de “voyous” égarés. “La pilule de l’Accord d’Alger sera amère à avaler au regard de la brèche qu’il crée dans le socle de l’Etat de droits et de la légalité” ,tel est l’argument avancé par ces derniers qui se demandent comment les plus hautes autorités du pays en sont arrivées là. Parmi ceux qui tiennent ce discours, il y a bien entendu les responsables du Rassemblement pour le Mali (RPM) présidé par El Hadj Ibrahim Boubacar Kéïta.

Mais en dehors de cette formation politique, tous les partis de la place se sont prononcés en faveur de cet accord. Dans leur déclaration, ces partis pour la plupart rassurent le président Amadou Toumani Touré de leur soutien pour une application rapide du contenu du document. Le RPM, vu aujourd’hui comme le seul opposant de taille au régime mais qui a peur de s’assumer, a eu, quant à lui, a fait un communiqué dans lequel il explique clairement pourquoi il désapprouve le document.

Mais à sa deuxième conférence nationale, il invitait aussi à ne pas voir dans sa déclaration l’image de va-t-en guerre contre les Touareg ou contre leurs intérêts. Au même moment, le ministre Kafougouna Koné, signataire du document à Alger, mène une campagne d’explication devant les différentes composantes de la société; parallèlement, le chef d’Etat-major, le Général Seydou Traoré, était passé dans les garnisons pour convaincre les troupes.

Au plan politique, de grandes manifestations ont lieu pour affirmer un soutien au président de la République Amadou Toumani Touré et à son gouvernement. D’aucuns diraient que c’est une attitude de pure complaisance. Des associations sont entrées dans la danse. Cependant, le ministre Kafougouna Koné se serait trouvé devant une réserve du bureau de l’Union nationale des travailleurs du Mali, dirigée par Siaka Diakité.

Malgré tout, le ministre continue son offensive pour expliquer et faire adhérer massivement l’opinion publique à cet accord. Après la sortie de l’ACC, regroupement proche du président ATT, c’était au tour de l’Alliance pour la République et la Démocratie (l’ARD) présidée par Me Hassane Barry, président de l’UDD, de sortir de sa réserve.

Au cours d’un point de presse animé le lundi dernier à l’hôtel Kempinsky, ce regroupement de 12 partis politiques a clairement défini sa position : “L’ARD réaffirme son soutien indéfectible au président de la République et son gouvernement pour une application rapide de l’accord d’Alger, gage de paix, de stabilité et de développement de la nation” , pouvait-on lire sur une banderole dans la salle qui devait accueillir la cérémonie qui devait réunir les partis membres de l’Alliance. “Nous ne sommes pas d’accord avec les discours politiciens et les calculs stériles”, a eu à lancer son président Me Hassane Barry lors de la conférence de presse qu’il a animée.

Par cette déclaration, le président actif de l’ARD visait les adversaires du document. Car l’ARD est convaincue que l’Accord d’Alger n’est qu’un duplicata du Pacte national signé en 1992.

L’Accord d’Alger, comme on peut le voir, est devenu le sujet qui alimente tous les débats et toutes les causeries. Sur la scène politique, chaque jour qui passe apporte son lot d’opinions. Mais on peut se demander si tout ce boucan venant des uns et des autres est fait de façon désintéressée.

Laya DIARRA

03 août 2006.