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Conformément à la constitution du 25 février et dans le cadre de l’accord politique signé par le CNRDRE et les médiateurs de la CEDEAO, le président de la République, Amadou Toumani Touré, a remis sa lettre de démission ce dimanche au ministre burkinabé des affaires étrangères, Djibril Bassolé. A charge pour ce dernier de la remettre à l’autorité compétente de la République du Mali.

Cette démission du président ATT consacre, au niveau national, le début de l’application de l’accord-cadre paraphé le 6 avril par la junte militaire qui avait renversé le président ATT le 22 mars et des médiateurs de la CEDEAO composé de Djibril Bassolé, Adama Bictogo, ministre ivoirien de l’intégration, Mohamed Nourridden, ministre nigérian délégué aux affaires étrangères. Il faut noter que sur le plan régional, cet accord politique a abouti, le 7 avril, à la levée d’un embargo total que la CEDEAO avait imposé au Mali à l’issue d’un sommet le 29 mars.

Dans les règles de l’art, cette correspondance est adressée à la cour constitutionnelle qui pourra alors «constater la vacance du pouvoir». En début de semaine prochaine, cette institution prononcera donc ce vide institutionnel afin que la cour suprême intronise le président de l’Assemblée nationale comme président intérimaire. Suivant les termes de la constitution, la légitimité de Dioncounda Traoré à la tête de l’État ne peut excéder quarante (40) jours. A charge pour lui d’organiser une élection présidentielle à laquelle il ne se présentera pas.

Cet accord politique vise donc à pallier au vide constitutionnel pour permettre une transition apaisée et mieux faire face aux défis pressants qui se posent au Mali : gestion de la rébellion dans le nord, situation humanitaire désastreuse et organisation d’élection crédible.

A l’issue d’une rencontre ce dimanche à Nouakchott, entre les quatre pays dits « du champ » Mauritanie, Niger, Algérie et Mali – et sans la présence d’un représentant du Mali – seul le ministre nigérien des Affaires étrangères Mohamed Bazoum, s’est dit en faveur d’une restitution des territoires occupés par les rebelles avant toute chose, et cela par les forces de la CEDEAO si nécessaire.

Selon le ministre algérien délégué aux Affaires africaines et maghrébines Abdelkader Messahel, « une intervention militaire risquerait de compliquer encore davantage la situation », prônant ainsi la discussion comme unique issue.

Toutefois, le journal algérien « El Khabar » écrivait samedi : »des troupes d’élites de l’armée et du DRS sont déjà à pieds d’œuvre à Tamanrasset. Les bases aériennes du Grand Sud ainsi que toutes les unités aéroportées de l’armée (quelques 3000 soldats), et de la Gendarmerie nationale ont été mises en état d’alerte maximum, et ce, dès jeudi ».

Seydou Coulibaly

AFRIBONE

dimanche 8 avril 2012