Partager

Les chances d’éviter une grève s’amenuisent de plus en plus au Laboratoire Central Vétérinaire (LCV). Les membres de la commission interministérielle qui a vu le jour au lendemain du mouvement de grève annoncée par le comité syndical du LCV se sont retrouvés pour une dernière fois le 9 avril 2008 au Ministère de l’Elevage et de la Pêche afin d’avoir la décision finale des autorités par rapport à la situation qui règne autour de tentatives abusives d’expropriation du domaine du Laboratoire Central Vétérinaire. Mais, les syndicalistes déclarent qu’ils ne sont pas satisfaits de l’attitude du gouvernement face à cette situation, car, le délai fixé par les autorités a expiré. C’est pourquoi les syndicalistes menacent d’aller en grève dans les prochains jours.

Les visite sur le terrain du ministre de l’Elevage et de la Pêche, Diallo Madeleine Bâ ; du ministre des Logements, des Affaires Foncières et de l’Urbanisme, Gakou Salimata Fofana ; du ministre du Travail et de la Fonction Publique et de la Reforme de l’Etat, Abdoul Wahab Berthé, de l’Administration Territoriale, Kafougouna Koné ; du Gouverneur du district de Bamako, Ibrahima Féfé Koné n’ont pas permis de mettre fin au désordre qui règne autour du domaine du LCV. Le comité syndical des travailleurs du Laboratoire Central Vétérinaire a affirmé à la sortie des négociations, que le Ministère de l’Administration Territoriale et celui du Travail ont fui le débat.

«Nous ne sommes pas toujours satisfaits des attitudes que nos autorités adoptent face à la situation», a déclaré un syndicaliste, l’air grave. Réunis en Assemblée générale extraordinaire dans l’enceinte du LCV, le jeudi 10 avril 2008, le comité syndical a mis tous les travailleurs au courant de la mauvaise foi du gouvernement pour dénouer cette crise.

Pour rappel, depuis quelques années, des actes administratifs inattentifs aux notions de biosécurité et de normes scientifiques et sanitaires sont en train d’être posés sur le domaine foncier du Laboratoire Central Vétérinaire. Des actes qui menacent impitoyablement d’anéantir les efforts considérables et toute la volonté qui ont permis aux travailleurs de cette structure de bâtir cet édifice.

En effet, depuis 1998, par manque de clairvoyance et pour des raisons purement personnelles, tous les deux sites du LCV connaissent des convoitises et ont fait l’objet de plusieurs affectations controversées.

D’abord en 1998, la totalité des 120 hectares de la sérothérapie et 29 hectares sur la route de Koulikoro (soit 2 /3 de sa superficie réelle) ont été affectés à l’Institut d’Economie Rurale (IER) au détriment du LCV et à l’insu de ses travailleurs.

Malgré la protestation des travailleurs du LCV et du Directeur de l’époque, les 29 hectares sur la route de Koulikoro furent de nouveau morcelés en 2006 et affectés à des particuliers. Une partie aussi des 120 hectares fut cédée à la coopérative des maraîchers.

Mais curieusement, toutes ces attributions ont été faites sans aucune étude d’impact environnemental, d’une part sur les populations riveraines du LCV et d’autre part sur la qualité des résultats des travaux que mène le Laboratoire Central Vétérinaire.

Pour toutes ces raisons et compte tenu de la spécificité du laboratoire, les travailleurs ont décidé que le LCV soit rétabli dans ses anciennes limites. C’est ainsi que suite aux multiples démarches sans issue auprès des autorités compétentes pour trouver un dénouement à l’appropriation arbitraire des domaines du LCV au profit des spéculateurs fonciers, les travailleurs dudit établissement réunis en Assemblée générale le mercredi 20 février 2008 exigeaient des autorités un règlement de ce point avant le 10 mars 2008.

Les ministres ont demandé auprès du comité syndical un délai d’un mois pour trouver une issue à cet épineux problème. Mais, la date fixée par nos autorités est passée, sans que la solution soit trouvée. Sans risque de se tromper, on peut dire que les syndicalistes battront le pavé dans les jours à venir.

Gnimadi Destin

15 avril 2008.