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Pour circuler permanemment à Bamako sans se soucier du litre d’essence qu’elle consomme, Oumou a trouvé une manie. Sa technique est simple, faire semblant d’avoir oublié son porte monnaie à la maison après son ravitaillement.

Une fois, elle est rentrée dans une station d’essence avec sa moto, a demandé au pompiste de lui faire un plein. Ce dernier s’est immédiatement exécuté. Puis Oumou a pris un air inquiet en passant sa main plusieurs fois dans les poches de son sac à main. Avant de prétendre avoir oublié son argent à la maison. Le pompiste très aimable la laissé s’en aller et a payé lui-même les frais d’essence.

Une autre fois elle est rentrée dans une autre station d’essence, a fait le même scénario avec des larmes cette fois ci. Le pompiste sur lequel elle était tombée lui a demandé son numéro de téléphone en échange.  

Oumou avait déniché son tuyau et ne s’était jamais fait prendre. Son petit manège continue ainsi jusqu’au jour où elle commet l’erreur d’aller à la même station d’essence pour une seconde arnaque. La spécialiste des carburants gratuits répéta son scénario fétiche. Sauf qu’elle venait de tomber sur le pompiste qui lui avait demandé son numéro de téléphone quelques semaines plutôt. Ce dernier rancunier n’avait pas oublié que Oumou n’avait jamais répondu à ses appels. Pire, la seule fois qu’elle avait décroché c’était pour lui traiter d’idiot et lui balancer qu’il s’était fait avoir.

Le pompiste et ses collègues lui ont donc confisqué sa moto, sa perruque, son téléphone portable, ainsi que tous les objets coûteux qui se trouvaient sur elle en échange d’un remboursement total de la première et de la seconde arnaque. Tandis que Oumou, en larme, continuait de plaider son innocence.

C’est ainsi que s’est fait prendre celle qui croyait berner à jamais.

Soumba Diabaté

@Afribone