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Des filets de pêche au soleil, des agriculteurs dans les champs de maïs, des fermiers qui guident leurs zébus dans l’eau… Sur le lac Tchad, les habitants défient la menace de Boko Haram, en revenant sur les îles qu’ils avaient quittées sous le feu des attaques du groupe jihadiste nigérian il y a deux ans. « Ils ont tué mon frère et nous avons pris la fuite », se souvient Gaou Moussa devant ce qu’il reste d’une maison familiale parmi les roseaux de l’île de Tchoukouli (Tchad), à une heure de pirogue de la rive nord du lac Tchad. Trois ans plus tard, la paille et le bois brûlés jonchent encore le sol. Pillages, tueries, enlèvements, attentats-suicides…: les îles côté tchadien, qui se comptent par centaines, ont été visées à partir de 2014-2015 par Boko Haram dans cette région au nord de N’Djamena, à cheval sur quatre pays – Nigeria, Niger, Cameroun et Tchad. Les premiers émissaires de Boko Haram sont venus dans les mosquées des villages sur les îles, pour prêcher leur version du Coran. « Ils nous promettaient le paradis, des ressources, des femmes… », se souvient Mohamed Mboh, chef de village sur l’île voisine de Bouguirmi. Ceux qui opposaient trop de résistance aux appels du groupe islamiste étaient égorgés, se souviennent des habitants.Au total, plus de deux millions de personnes ont été déplacées et plus de 11 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire, souvent insuffisante, dans les quatre pays riverains du Lac.AFP