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« J’ai tout dit à ATT, mais il ne m’a pas écouté… », avait-il déclaré au lendemain du putsch du 22 mars 2012. Aujourd’hui, d’autres maliens voudraient savoir ce que l’Imam a dit aux militaires de la garnison de Kati et qu’ils n’ont pas écouté.

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De plus en plus de Maliens s’interrogent au sujet de l’Imam Mahmoud Dicko qui, contre toute attente, s’est complètement éclispé de la scène. Qu’est-il advenu du président du Haut Conseil Islamique (Hci) dont l’“amitié” avec les ex-putschites, à la suite de leur acte du 22 mars 2012, s’étalait au fronton de toutes rencontres pubbliques, politiques et religieuses ?

L’opinion nationale et internationale n’a pas oublié que le leader religieux a été l’une des premières personnalités du pays à avoir été reçues par la junte militaire, au lendemain du putsch du 22 mars au 23 mars 2012. L’imam Mahmoud Dicko apparut même comme un soutien moral pour le Capitaine Amadou Haya Sanogo et ses compagnons d’armes dont l’action venait de renverser les institutions de la République, plongeant du coup le pays dans une situation si chaotique que moins d’une semaine après le coup d’État, les groupes armés se sont emparés des régions du nord une après une: Gao, Tombouctou Kidal et une partie de la région de Mopti.

Si ce prétendu soutien du président du Haut Conseil Islamique (Hci) aux auteurs du coup d’État lui a valu des quolibets hier, ce n’est pas loin d’être le cas aujourd’hui aussi depuis que le chef des ex-putschistes a des ennuis.
En effet, un après un, les auteurs du coup d’État du 22 mars 2012 sont entrain d’être traqués. Amadou Haya et Seyba Diarra sont interpellés et placés sous les verrous, en attendant le jugement qui doit les confondre ou les blanchir après la découverte de charniers à Bamako et à d’autres endroits.

Malgré ce renversement de situation pour les “héros du 22 mars 2012”, leur “soutien moral” d’hier, l’Imam Mahmoud Dicko, n’a encore dit mot. Le leader religieux qui n’a jamais manifesté une hostilité contre le coup d’Etat se tait comme une carpe.
Or, on se le rappelle encore, c’est lui Mahamoud Dicko, président du Haut Conseil Islamique (Hci), qui avait, comme s’il voulait conforter les putschistes, déclaré au lendemain du coup d’État : « J’ai tout dit à ATT, mais il ne m’a pas écouté… ».
Si à l’époque certains s’étaient demandés ce que le leader religieux insinuait par cette déclaration au sujet du président Amadou Toumani Touré qui venait d’être renversé, aujourd’hui d’autres maliens voudraient savoir ce que l’Imam a dit aux militaires de la garnison de Kati et qu’ils n’ont pas écouté.

Que Amadou Haya Sanogo soit en prison, que IBK gagne les élections présidentielles, que des religieux s’affichent clairement sur la scène politique, pourquoi alors le président du Haut Conseil Islamique se fait si discret ? Pourquoi ce silence de la part de la personnalité du Mali qui a été au premier plan des rencontres avec les membres du défunt Cnrdre que pilotaient le Capitaine Amadou Haya Sanogo et un cercle restreint de personnalités militaires? Où est donc passé l’imam Mahamoud Dicko ?

Laya DIARRA

Le Soir de Bamako du 23 Décembre 2013