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La vie tournait au ralenti dimanche à Khartoum au premier jour d’une grève nationale lancée par des groupes de l’opposition soudanaise contre les réductions des subventions au carburant. Cette grève, décrétée pour trois jours, vise à dénoncer la hausse de 30% des prix du pétrole et du diesel, annoncée début novembre par les autorités et qui a entraîné une forte hausse des prix, notamment des médicaments. Plusieurs lieux clés de Khartoum et de la ville voisine d’Omdurman étaient déserts dimanche – le premier jour de la semaine de travail dans les pays musulmans – tandis que de nombreux magasins, cafés et restaurants du centre-ville sont restés fermés, ont constaté des correspondants de l’AFP. Les propriétaires de restaurants ont confié qu’ils anticipaient une baisse de leur chiffre d’affaires. « Il y a au moins 40% de baisse d’activité. Mes clients habituels sont d’autres commerçants et beaucoup d’entre eux ont fermé leurs magasins aujourd’hui », a déclaré à l’AFP Ibrahim Mohamed, propriétaire d’un restaurant dans le nord de Khartoum. Les écoles étaient ouvertes mais de nombreux parents ont préféré ne pas y envoyer leurs enfants par crainte d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité. « L’école de mon fils a appelé les parents à envoyer seulement les garçons les plus âgés. Mon fils de cinq ans est resté à la maison », a déclaré à l’AFP Mohamed Khalid, un habitant du sud de Khartoum. Ces derniers mois, le Soudan a été confronté à des pénuries fréquentes d’essence et de diesel qui reflètent un manque criant de devises étrangères, cruciales pour importer des carburants. La chute de la devise et la hausse des prix du carburant ont provoqué des manifestations sporadiques notamment à Khartoum où elles ont été rapidement réprimées par les forces de sécurité. La livre soudanaise a perdu plus de 60% de sa valeur par rapport au dollar au cours des six derniers mois. Sa chute a fait considérablement monter les prix des médicaments. »Avant l’augmentation des prix, avec 30 livres soudanaises (4,60 dollars) nous achetions nos légumes du jour », explique Fatima Ibrahim à Khartoum. « Il faut aujourd’hui 100 à 150 livres soudanaises pour faire ces mêmes achats. »
AFP