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La Cour Suprême du Ghana doit se prononcer jeudi sur la remise en cause ou non de la victoire du président Johna Dramani Mahama lors du dernier scrutin, un test pour une des démocraties exemplaires du continent africain. Les débats, parfois tendus, ont été diffusés en direct à la radio et à la télévision où ils ont été suivis de près par les quelque 25 millions de Ghanéens. « Les élections au Ghana ne seront plus jamais les mêmes, quel que soit le verdict », estime Franklin Cudjoe, directeur du groupe de réflexion Imani, basé à Accra. Les neuf juges en charge du dossier peuvent rejeter le recours, ordonner la tenue d’une nouvelle élection présidentielle ou considérer que la commission électorale doit annuler la victoire de M. Mahama. Le Ghana est la seconde économie d’Afrique de l’Ouest grâce à ses exportations d’or, de cacao, et sa très récente industrie pétrolière, en production depuis 2010. Six élections présidentielles s’y sont tenues depuis l’avènement du multipartisme, en 1992, dans une région où la démocratie reste balbutiante. La présidentielle de 2012 n’a pas été entachée de violences, la plupart des politiciens et des leaders religieux ayant appelé les Ghanéens au calme pour éviter les bains de sang pré ou post-électoraux, comme les ont connus des pays voisins, le Nigeria ou la Côte d’Ivoire notamment. Les deux partis ont dit être prêts à accepter la décision de la Cour Suprême quelle qu’elle soit, mais la loi ghanéenne laisse la possibilité d’avoir recours à d’autres appels en cas de contestation. AFP.