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Le commerce est une activité économique marchande régie par des lois (ou des règles) qui peuvent varier d’un pays à l’autre, mais allant toutes dans le sens de l’assainissement du secteur des échanges commerciaux et du développement harmonieux des affaires. La plupart de ces lois et règlements sont d’ailleurs nées dans les temps modernes quant le commerce est devenu mondial et qu’il a fallu le réglementer pour éviter des conflits alors que dans le passé (Antiquité et moyen âge), c’était le brouillard et souvent la loi du plus fort comme peuvent en témoigner les activités des pirates de mer en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Le Mali, qui est un grand pays de tradition commerciale depuis l’empire de Ghana, a toujours eu le souci de la transparence dans les relations commerciales, non seulement avec l’extérieur, mais également à l’intérieur au sein des régions et des groupements de commerçants.
Sous la Ière République, le monopole de l’importation et de l’exportation a été octroyé à une grande société d’Etat dénommée Société malienne d’importation et d’exportation qui contrôlait l’essentiel des échanges commerciaux des pays.

Le régime de l’US-RDA n’ayant pas officiellement aboli le commerce privé, des particuliers aussi importaient et exportaient, mais sous le contrôle de la Somiex. Malgré les griefs portés contre elle (surtout contre ses dirigeants), la Somiex a survécu au coup d’Etat militaire de novembre 1968 et n’eût été la rapacité de ses camarades et de ses agents, elle aurait existé aujourd’hui encore parce qu’elle rendait d’énormes services aux populations.

La période militaire qui a suivi a été surtout le règne des commerçants privés qui ont profité de la pagaille installée par le CMLN pour imposer leurs lois qui n’étaient pas toujours favorables au peuple. C’est à partir de cette époque que les prix des produits d’importation, sous prétexte que leur transport coûte cher, ont commencé à flamber de manière incontrôlable. Dans le même temps, les produits d’exportation, ceux de l’agriculture et de l’élevage, ne subissent aucune hausse et même stagnèrent, d’où la grande misère des paysans et des éleveurs, durant cette période.

Mais, on s’aperçoit très vite que le libéralisme sauvage pouvait être un facteur de troubles sociaux par la cherté des prix qu’il imposait aux populations sur les produits d’importation alors que ceux de l’exploitation étaient pénalisés de différentes manières par les autorités douanières.

Plus grave, la situation ainsi créée avec les portes ouvertes de tous les côtés, permettait aux commerçants les moins scrupuleux (en fait les plus nombreux) de faire entrer dans le pays des produits dangereux comme les armes légères et les drogues, sans compter les denrées alimentaires périmées ou avariées que certains commerçants vendaient malgré tout aux populations.

La IIIe République, au nom de l’intégration africaine, fit ouvrir les frontières du pays aux productions non seulement africaines, mais également d’autres pays ou continents comme l’Asie et l’Amérique. La conséquence de ce choix économique (longtemps rejeté) fut l’inondation pure et simple du marché intérieur par des produits étrangers (que souvent le peuple ne demandait même pas) que les services douaniers n’arrivaient plus à contrôler ou à contenir. La perte des recettes douanières qui s’en suivit amena les autorités vers 1997-1998, non pas à fermer les frontières, mais à installer des bureaux de contrôle dont le plus en vue fut le Programme de vérification des importations (PVI).

De cette manière, on espérait mettre fin à l’anarchie dans les importations de marchandises et rehausser le niveau des recettes douanières qui avaient commencé à pâtir de la situation antérieure faite d’interventions et d’aménagements.

L’installation du PVI répond donc à un souci de transparence parce que cette structure vise surtout à assainir la nébuleuse des importations en y édictant des règles valables pour tous les commerçants, avec en arrière-pensée la volonté de renflouer les caisses de la douane et donc de l’Etat. Mais, on est dans un pays où la législation, au lieu d’être respectée, est faite pour être contournée, surtout par les gros poissons alors que le menu fretin est tenu de la respecter au pied de la lettre.

Facoh Donki Diarra

29 Février 2008.