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Au moment où les négociations battaient leur plein, à Bamako, afin de trouver une solution pour un retour à l’ordre constitutionnel, les bandits armés qui écument le septentrion malien depuis la crise libyenne, quant à eux, profitèrent de cet instant pour occuper plusieurs localités du nord Mali à savoir Ansongo, Bourem, Kidal, Gao et, hier, Tombouctou.

Malgré le coup d’Etat intervenu dans notre pays le 22 mars 2012, la situation sécuritaire au nord Mali n’a connu aucune trêve. Au contraire, face aux incertitudes au sommet de l’Etat, les bandits armés ont mis le turbo dans leur occupation sordide et cruelle des localités du nord Mali. Et cela dans le but d’assouvir leurs rêves de constituer ce qu’ils appellent pompeusement la « République de l’Azawad » dans les limites de la région de Kidal. Mais voilà, comme l’appétit vient en mangeant, les bandits armés, après avoir occupé sans coup férir et sous le régime défunt d’ATT, les localités de Ménaka, Anderaboucane…et plus récemment de Tessalit, viennent d’attaquer à partir du jeudi dernier les villes d’Ansongo, de Bourem, de Gao et, hier, celle de Tombouctou, la Cité des 333 saints.

Quelle audace !

C’est dire que le Mali sous le Général ATT n’avait plus d’armée que de nom. En effet, depuis l’avènement de la démocratie, les régimes successifs, d’Alpha Oumar Konaré à ATT, ne se sont nullement intéressés aux questions de défense de la patrie préférant suivre béatement les conseils du défunt colonel Mouammar Kadhafi.

Alors que tout le monde se rappelle que sous la dictature de Moussa Traoré les Maliens pouvaient s’enorgueillir de leur armée, considérée à l’époque comme l’une des plus puissantes de la sous-région, voire de l’Afrique. En vingt ans de démocratie, le Mali, selon des sources proches du dossier, n’a acheté aucune munition à fortiori d’armement lourd ou d’hélicoptère dont ne saurait se passer un pays continental aussi vaste comme le nôtre. Pourquoi cette irresponsabilité que le peuple paye aujourd’hui au prix fort et dans la pure humiliation de voir des soldats qui fuient, sans combat, devant l’ennemi.

Depuis donc le jeudi dernier, les bandits armés ont mis la pression sur ce qui reste de nos forces armées dans le septentrion. Après Ansongo et Bourem, ils ont attaqué pour finir par prendre Kidal, Gao et, hier, Tombouctou. Dans toutes ces localités, les forces armées ont dû fuir face à la puissance de feu de l’adversaire. Est-ce leur faute ? Que nenni ! Ce sont les dirigeants successifs de notre pays qui ont laissé l’armée mourir comme si la patrie ne devrait plus avoir besoin d’elle. Quelle irresponsabilité !

Voilà maintenant que le peuple du Mali paye au prix fort cette forfaiture que certains n’hésitent plus à assimiler à de la haute trahison. Nous allons faire l’économie des exactions dont ont été victimes les populations des localités en question. Sauf qu’il faudrait savoir que les hôpitaux ont été pillés et les malades abattus ou expulsés. Voilà comment se comportent ces bandits que la Cédéao a promis d’aider le Mali à les combattre. Espérons que cela ne restera pas lettre morte.

Mamadou FOFANA

02 Avril 2012