Partager

Si l’anarchie était un prénom, “Rail-da” aurait été son nom de famille, la station de correspondance de beaucoup de bus SOTRAMA. Mais avant d’y arriver, faire un voyage avec une SOTRAMA, c’est du ressort d’un parcours de combattant. L’anarchie qui règne au centre commercial du “ Rail-da ”, n’est que l’aboutissement d’un anarchisme débuté dans la circulation de la capitale. Comme si elles ne craignaient aucune représailles judiciaires en s’improvisant “Maîtresses du jeux de la circulation”

Ces bus font leur loi dans la circulation. Tous le disent mais ont peur de le clamer haut, bus Sotrama et dourouni sont les lions d’une jungle dénommée communément “rail-da”. Dans la circulation, ils sont ceux qu’on ne peut devancer mais qui peuvent eux devancer sans se soucier des répercussions judiciaires, des passagers ou des autres usagers de la circulation. Pourtant, ce sont eux qui sont le plus interpellés par la police dans la circulation pour des raisons de contrôle. A se demander si le but de ces contrôles ne sont pas pour des raisons pécuniaires que d’autres raisons plus nobles.

Une course à qui mieux-mieux

Dans la circulation, elles sont dans une course écervelée, non contre la montre, mais contre leurs concurrents ( d’autres Sotrama). Chacune cherche à dépasser l’autre sans une autre forme de procès pour ne pas se faire prendre le client arrêté au prochain arrêt. Sans se soucier de l’état des autres assis dans un inconfort inouï, se déambulant sur les rythmes du volant d’un conducteur narcissiquement imbu de son rang de commandant du bateau. Elles se poursuivent comme dans un farwest et le spectacle passe presque inaperçu devant les autres usagers de la circulation. Ce qui se passe, les passagers sont les premiers victimes. Si elles avaient le pouvoir dans cette ville, aucune vie humaine n’erreraient dans la rue et aucune voiture ne ferait deux jours sans une égratignure monstre sur la façade. A se demander encore comment ces chauffeurs ont eu leur permis de conduire. Peut-être une question impertinente, compte tenu de la facilité d’avoir un permis au Mali.

Ici, le client n’est roi qu’avant d’embarquer

C’est leur credo principal. Dès qu’un client monte, sa vie semble être dans les mains du chauffeur. Ici, le client n’a pas son mot à dire et quand il le fait, il aura l’impression de s’adresser à des blocs de murs érigés devant lui. Une cliente se plaignant : ” Avant de monter, on nous traite comme des reines en nous escortant, en nous courtisant. Mais une fois monté, on nous dépose partout sauf à la destination initiale et souvent démarre avant que la dernière personne ne pose pied sur terre”. Pourtant, ces bus verts, n’offrent aucune commodité. Des bancs plus durs que pierre, de la toiture délabrée, espace très restreint, voyagé dans une Sotrama est une expérience à éviter s’il y a le choix. Même si le prix reste bas, la vie humaine, elle, n’a pas de prix.

La difficulté du transport urbain à Bamako

De 1992 à nos jours, le gouvernement a toujours manqué de vision politique concernant le transport urbain. Alors que le développement du transport urbain est synonyme de développement économique et commercial d’une ville. Il permet de joindre les bouts ( au sens propre du terme) du territoire : le désenclavement de la population, la création d’emploi direct et indirect, le bien-être de la population. Il faut rappeler que depuis le siècle dernier ( notamment en 1992 ) , toutes les compagnies qui se sont engagées dans le transport urbain avec des cars confortables ont échoué. Notamment Diéma Transports,Tababus, Bamabus, Banimonotiè, Diarra Transport, Bani Transport. Par manque de volonté politique et souvent par peur des SOTRAMA, ils se sont dirigés vers le transport sous-régional et d’autres ont tout bonnement disparus.

L’impunité de ces actes des conducteurs de ce bus vert doit impérativement être remédié. Le gouvernement doit vite prendre à bras le corps cette problématique de la population dont elle se plaint chaque jour ! En lui offrant des moyens de transport divers et qui offrent surtout de la commodité aux passagers; à leur population de surcroît. C’est une calamité qu’est de laisser la population à la merci des conducteurs de Sotrama, de taxi ou de dourouni; tout cela par manque de choix. C’est notre vie qui est en jeu, et le développement du pays qui restera en berne à cause de cette manque de vision concernant le transport.

Aissata Keita

Bamako le 18décembre 2018

©AFRIBONE