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Le gouvernement somalien a ordonné à l’émissaire des Nations unies pour la Somalie de quitter le territoire, en l’accusant d' »ingérence délibérée » dans sa « souveraineté ». Cette décision survient quelques jours après que ce responsable, Nicholas Haysom, eut exprimé son inquiétude face aux agissements des forces de l’ordre, qui bénéficient du soutien de l’ONU, dans des violences récentes ayant fait plusieurs morts. Du 13 au 15 décembre, les forces de sécurité somaliennes ont employé la manière forte pour mettre fin à trois jours de manifestations dans la ville de Baïdoa (sud-ouest), au cours desquelles quinze personnes ont été tuées et quelque 300 autres arrêtées, selon l’ONU. Les manifestants protestaient contre l’arrestation d’un ancien haut responsable des islamistes radicaux somaliens shebab, Muktar Robow, briguant la présidence de leur Etat du Sud-Ouest (South West State). Actuellement, la Somalie compte cinq États fédérés, sans parler du Somaliland (nord) qui a proclamé son indépendance et ne reconnaît pas le gouvernement central. Les relations entre ces Etats fédérés et le gouvernement central sont souvent tendues, les premiers réclamant plus d’autonomie tandis que le second est soucieux de ne pas voir son pouvoir se diluer. Muktar Robow avait publiquement fait défection des shebab en août 2017. – Aide suspendue – M. Haysom y rappelait que le soutien de l’ONU à toute force de police était conditionné au respect des droits de l’Homme. La mission de l’ONU avait auparavant pu visionner une vidéo dans laquelle le chef de la police régionale menaçait toute personne désireuse de manifester sans autorisation d’être visée par balle dans les fesses. AFP