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La société civile rend visite aux déplacés Maliens au Burkina : Nos compatriotes demandent la restauration de l’autorité de l’Etat

Du 15 au 18 mars, une délégation de la société civile malienne composée des associations Bouctou, du Mouvement patriotique pour le Mali, de Global 2025 et de Handy action, dans une initiative patriotique pour la restauration d’une paix durable (IPRDPD) a effectué une visite au Burkina Faso pour rencontrer les Maliens réfugiés dans ce pays. Nos compatriotes ont apprécié cette initiative et ont demandé la restauration de l’autorité de l’Etat afin que cessent les attaques contre les personnes et leurs biens.

C’est dans l’objectif de contribuer à l’apaisement de la tension et d’apporter un soutien moral aux réfugiés maliens qu’une délégation conduite par Dr Mamadou Bagayoko, président du MPM s’est rendue au Burkina Faso dans les camps de réfugiés de Ouagadougou, Djibo et Bobo-Dioulasso. Ils ont rencontré les Maliens réfugiés dans ce pays qui sont estimés à plus de 4000 personnes.

La délégation qui est arrivée tard dans la journée à Bobo-Dioulasso, a été accueillie par une forte communauté malienne vivant dans cette ville. Elle a rendu visite dans la nuit au représentant du HCR et à l’action sociale de Bobo avant de se rendre à Ouagadougou le lendemain.
« Le but de notre mission est de donner le goût de la vie et l’espoir d’un lendemain heureux et prospère à vous nos frères et sœurs victimes du conflit armé au septentrion de notre pays. Nous sommes venus pour vous apporter un soutien moral et vous dire que la société civile malienne est avec vous et qu’elle ne vous a pas oubliés.

Nous sommes la également pour faire renaitre l’espoir de paix et de stabilité », a expliqué Dr Mamadou Bagayoko dans le camp de Ouagadougou. Le président de la délégation, très touché par la situation de nos compatriotes a affirmé que sa mission n’a aucune velléité politique et que les membres qui composent sa délégation sont des hommes et des femmes soucieux de préserver l’unité, la cohésion et combattre la discrimination.

Le porte-parole des réfugiés à Ouagadougou, Ousmane Abdallah, a souhaité la bienvenue à ses compatriotes. Il a salué cette initiative, avant d’ajouter que les hommes et les femmes obligés de quitter le Mali ne connaissent que ce pays.

Quant à la porte parole des femmes, Fatoumata Ouallet, elle a déclaré : « Je ne connais que le Mali. Je suis née sur une dune de sable à Guarangado dans le cercle de Tombouctou et je ne laisserai personne me priver de ma patrie. Mais je vous demande à ce que la sensibilisation se fasse à Bamako ».

Cette situation, selon la majorité des intervenants est le résultat de l’absence de l’Etat. Ils ont exhorté, dans l’ensemble, la délégation de la société civile à être leur porte-parole auprès des plus hautes autorités du pays pour qu’elles prennent les mesures nécessaires afin que la discrimination à l’égard de la communauté blanche cesse.

Ils ont exprimé leur mécontentement à l’égard de la représentation diplomatique du Mali au Burkina qui ne les a pas rencontrés depuis leur arrivée. Ils ont souligné le manque de professionnalisme de la presse malienne qui répète les expressions de la presse internationale qui incite à la haine et à la division.

Au Burkina Faso, les réfugiés Maliens sont à Bobo, à Ouaga, à Djibo et à Gorom-Gorom. Ici la principale interrogation est à quand le retour de tous les réfugiés maliens et sous quelle forme ?

Moussa SIDIBE

*Stagiaire

20 Mars 2012