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L’exploitation de l’or pose, aujourd’hui, de sérieux problèmes environnementaux au Mali dont la déforestation, la pollution atmosphérique. Celles-ci exposent les populations situées aux alentours des mines d’or en exploitation à un problème de santé publique. Le réseau des organisations de la société civile malienne sur l’ITIE, au terme de l’atelier d’information sur l’Initiative de formation de Transparence des Industries Extractives (ITIE) et la Campagne  » Publiez Ce Que Vous Payez  » PCQVP, qu’il a organisé, du 11 au 13 février 2008, à l’hôtel Nord-Sud de Bamako, a recommandé au gouvernement du Mali de prendre toutes les dispositions utiles pour atténuer les problèmes environnementaux sur les sites aurifères.

Les rideaux sont tombés, le mercredi 13 février, sur l’atelier d’information sur l’Initiative de formation de Transparence des Industries Extractives (ITIE) et la Campagne « Publiez Ce Que Vous Payez« .

Organisé par le réseau des organisations de la société civile malienne sur l’ITIE, du 11 au 13 février 2008, à l’hôtel Nord-Sud de Bamako, l’atelier a enregistré les participants venus respectivement de la Mauritanie, de la Guinée Conakry, du Niger, du Ghana, du Nigeria et du Mali.

Au cœur des recommandations qui sont sorties de ce séminaire figure, en bonne place, l’interpellation du gouvernement malien à prendre des dispositions utiles sur les sites aurifères afin d’atténuer les problèmes environnementaux que pose l’exploitation de l’or au Mali.

En effet, celle-ci expose les populations riveraines des mines d’or aux maladies pulmonaires causées par les poussières, les gaz des produits toxiques soulevés par les travaux des mines, qu’elles respirent quotidiennement.

On se souvient qu’il y a deux ans, le bruit avait circulé que les villages situés aux environs de la mine de Morila avaient dénoncé l’utilisation du cyanure. Si l’on en croit les détracteurs de la mine, le déchet de poison violent, déversé à terre, est transporté par le canal du vent jusqu’aux villages. Ce qui aurait provoqué mort d’homme.

L’exploitation minière ne peut pas aller sans la déforestation avec son corollaire de destruction de la couverture végétale.

En effet, les participants à l’atelier ont demandé au gouvernement de poursuivre les efforts permettant d’améliorer les résultats actuels de l’exploitation aurifère au Mali, d’utiliser le potentiel important généré par l’exploitation aurifère en vue d’améliorer le développement socioéconomique des populations, d’améliorer la politique d’information et d’accès à l’information sur la gestion de l’exploitation minière, entre autres.

Pour ce qui est des recommandations qui ont filtré de l’atelier, il faut noter la promotion de vrais rapports d’audit qui reflètent toute la réalité du pays, la collaboration entre l’Etat, la société civile et les compagnies d’exploitation, l’implication de la société civile parmi les membres des comités ITIE dans certains pays et la transparence dans la répartition des revenus dans les mines etc.

En plus du rapport final, l’atelier a doté la coalition PCVQP-Mali d’une feuille de route. Celle-ci a pour objectif de définir les actions à mener à la suite de l’atelier d’information pour le lancement de la campagne au Mali.

Il s’agit, entre autres, de la finalisation du rapport d’atelier, la mise en place d’un comité de suivi, la réparation des textes de base (statut Règlement intérieur), la recherche de la reconnaissance juridique et la fiche signalétique pour identifier les organisations pouvant remplir les critères.

La feuille de route prévoit aussi l’élargissement de la coalition soit par les options assemblée générale ou par atelier.

A rappeler qu’au Mali, le processus de l’Initiative de Transparence des Industries Extractives a démarré depuis août 2006, avec l’adhésion du pays.

En Afrique de l’Ouest, la société civile apparaît comme une force critique permettant aux populations de profiter au mieux des industries extractives. Elle crée une opinion collective autour de l’ITIE, anime des programmes de formation pour s’approprier des questions plus techniques liées à sa mise en œuvre.

Il convient de souligner que le rôle de la société civile varie selon les pays. C’est ainsi que la campagne « Publiez ce que vous payez » a été lancée, après la campagne ITIE.

Abdoul Karim KONE

15 février 2008.