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Sur la foi d’un préavis de grève déposé à notre rédaction en date du 10 mars 2008 et signé conjointement par Pr. Mamady Kané, secrétaire général du Syndicat national de la santé et de l’action sociale (SNS-AS), et Pr. Mamadou Koureichi Touré, secrétaire général du Syndicat national des cadres médicaux (Synacam), le personnel socio-sanitaire projette une grève de 72 h à compter du 8 avril 2008 ; une grève reconductible jusqu’à la satisfaction totale de ses doléances.

Leurs revendications, objet du préavis de grève, portent sur quatre points : « la sécurisation des travailleurs socio-sanitaires des secteurs public, communautaire et privé dans l’exercice de leur profession » ; « le renforcement des capacités et du plateau technique à tous les niveaux » ; « l’application des textes réglementaires en matière de poursuites judiciaires » et « l’abandon des poursuites abusives ».

Les deux syndicats expliquent leur mécontentement par le manque de ressources humaines qualifiées dans les structures sociosanitaires et la faiblesse du plateau technique ; la nature du contrat médical qui est, selon eux, « un contrat de moyen et non de résultat » ; le « risque zéro, qui n’existe pas en santé » et « la récurrence des poursuites judiciaires contre des praticiens dans l’exercice de leurs fonctions ».

Courant 2007, les syndicats de la santé avaient décrété un mouvement général de grève étendu aux Cescom, cliniques et pharmacies privées suite à l’incarcération d’un médecin anesthésiste du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré et de son infirmière, présumés coupables de mort d’homme sur la personne de l’avocate Me Touré Haïda Niaré.

Craignant par-dessus tout l’épée de Damoclès suspendue sur leurs têtes, les porteurs de blouses blanches sortent, une fois de plus, l’arme syndicale qu’est la grève pour réclamer une sorte de dépénalisation des risques liés à la pratique médicale dans notre pays : en mettant en avant le manque de ressources humaines et matérielles.

Abdrahamane Dicko.

1er mars 2008.