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Depuis quelques années Moscou
intensifie ses contacts avec cette organisation étant
donné que cela est indispensable pour les 20 millions
de musulmans peuplant le pays.

Les musulmans en
Russie, ce sont des habitants de souche. Quant à
l’histoire de l’islam, sur son territoire ses racines
sont encore plus profondes que celles de l’Orthodoxie.

Par conséquent, la Russie est pleinement fondée de
considérer qu’elle est impliquée dans le sort du monde
islamique et elle participe activement à l’examen de
ses problèmes.

A défaut de comprendre l’expérience irakienne “il est
difficile d’élaborer une stratégie commune de
développement du Proche-Orient et de l’Afrique du
Nord, de cimenter les rapports du G8, de l’Europe et
de l’Amérique avec l’ensemble du monde islamique”, a
déclaré le ministre russe des Affaires étrangères
Sergueï Lavror à la conférence sur l’Irak qui s’est
tenue à Bruxelles.

Il a également proposé de convoquer une autre
rencontre internationale sur l’Irak à l’automne
prochain, sans préciser le lieu éventuel de sa tenue.
Avant la rencontre de Bruxelles, Moscou craignait
qu’elle ne se transforme en show politique où ne
seraient prononcés que de beaux slogans sur la
progression de l’Irak vers la démocratie et sur le
triomphe de la liberté. On s’attendait à cela de la
part des Américains qui ont pris l’initiative de cette
conférence avec l’UE.

Quant aux diplomates russes, ils jugent nécessaire et
utile de parler franchement des problèmes existants,
au lieu de multiplier les éloges dithyrambiques à
l’adresse des nouveaux dirigeants irakiens. D’autant
plus que, comme l’a déclaré à Bruxelles le ministre
des Affaires étrangères d’Irak Hoshyar Mahmud Zebari,
les Irakiens ne sont pas enclins à sous-estimer les
défis qui leur sont lancés.

Une tentative de conversation franche a été faite à
Bruxelles. Bien entendu, il est trop tôt pour évaluer
les résultats de la conférence. On verra si ses
participants tiendront leurs promesses d’aide
économique et humanitaire aux Irakiens, de
contribution à la formation des forces de sécurité du
pays, à l’élaboration du projet de Constitution du
pays et à l’organisation des élections législatives.

Le plan détaillé d’aide économique à ce pays peut
être examiné à la conférence des donateurs de l’Irak
qui doit se tenir à la mi-juillet en Jordanie. A noter
que l’argent promis au cours des rencontres
précédentes n’a toujours pas été entièrement versé aux
Irakiens. En ce qui concerne l’aide politique, les
mécanismes n’ont pas encore été mis au point.

Certes,
il était impossible de le faire dans le format trop
large (plus de 80 délégations) de la conférence de
Bruxelles. C’est pourquoi Sergueï Lavrov a souligné
que “plus tôt la discussion constructive commencera,
plus efficace sera notre aide à nos partenaires
irakiens”.

Le chef de la délégation russe a proposé de revenir à
l’idée russe de créer un mécanisme collectif
d’accompagnement diplomatique du règlement en Irak,
c’est-à-dire de mettre en place une structure analogue
au “ quartette” de médiateurs pour le règlement du
conflit proche-oriental. Ce qui permettra, estime le
ministre, de”coordonner plus rapidement et plus
efficacement les actions de la communauté d’aide à nos
partenaires irakiens”.

Mais on ne sait pas encore qui participera à ce
mécanisme. Il pourrait comporter tous les membres du
“quartette proche-oriental” – Les Etats-Unis, la
Russie, l’UE et l’ONU -ainsi que les pays voisins de
l’Irak. Chacun d’entre eux a des relations et de
l’influence sur tels ou tels groupes ethniques et
confessionnels au sein de la société irakienne.

Tout
d’abord, cette structure pourrait apporter sa
contribution à la recherche du consensus politique en
Irak à l’étape de l’élaboration de la Constitution. La
variante définitive du document fondamental du pays
sera prête vers le 15 août et soumise au référendum en
octobre, mais le travail véritable n’a pas encore
commencé, en premier lieu à cause des divergences
irakiennes.

Quoiqu’il en soit, à l’automne, on saura où en est le
règlement irakien et ce que doit faire ensuite la
communauté internationale. Cela explique la
proposition de Sergueï Lavrov de convoquer une
nouvelle conférence sur l’Irak pour l’automne.

Il y a
là , il est vrai, une petite nuance. Rappelons qu’au
cours du voyage effectué par le président russe
Vladimir Poutine au Proche-Orient en avril dernier, il
a proposé de convoquer une rencontre internationale à
Moscou sur le règlement du conflit
palestino-israélien. Cette rencontre est également
prévue pour l’automne.

Mais les problèmes palestinien et irakien peuvent
parfaitement être examinés dans le cadre d’une même
rencontre, comme ce fut le cas à Charm al-Cheikh à la
fin de l’année dernière, car les parties intéressées
sont pratiquement les mêmes.

Autrement dit, bien que Sergueï Lavror ne l’ait pas
dit, Moscou pourrait accueillir la conférence non
seulement sur le Proche-Orient, mais aussi sur l’Irak.

Cela incitera probablement la Russie à formuler plus
nettement sa politique à long terme au Proche-Orient
dans le contexte des changements en cours : qu’il
s’agisse du règlement pacifique ou de la
démocratisation. Les allusions à ce sujet deviennent
de plus en plus nettes dans les déclarations des
diplomates russes.

Source : RIA-Novosti

1er juillet 2005