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Genre musical du Congo Kinshasa né au début des années cinquante. Peu de musiques populaires ont remporté (et remportent encore) un succès aussi large et aussi durable que la rumba Congolo – zaïroise et ses dérivés actuels.

A priori, le mot rumba fait davantage référence aux musiques latino – américaines, cubaines en particulier, qu’aux sons africains. C’est que cette musique est, en quelque sorte, l’histoire d’un aller retour. Celui des rythmes africains amenés par les esclaves noirs aux Caraïbes et en Amérique Latine, puis revenus vers le continent noir, dans les années trente à cinquante, à travers la musique cubaine très populaire sur les deux rives du fleuve Congo.

Les orchestres locaux qui avaient commencé à jouer des airs inspirés des musiques européennes, du high-life ghanéen ou de la biguine antillaise, découvraient là un genre qui correspondait davantage à leurs propres traditions musicales, notamment en raison de l’importance des percussions. C’est vers cette époque que les artistes vont insérer ce rythme latin à leur répertoire. Joseph Kabaselé avec son groupe «African Jazz» crée en 1953, est considéré comme l’initiateur de ce qui sera désormais connu sous le nom de rumba congolaise.

Mais ce sont Franco et Rochereau- Tabuley, deux des plus grands talents de la musique africaine contemporaine, à qui l’on doit de l’avoir modernisée dans les années 60 et 70, en éloignant progressivement de ses origines latines.

A cette époque, la rumba a littéralement envahi le continent noir. L’Afrique entière s’est mise à vibrer au son de cette musique irrésistiblement dansante.

Au cours des années 70, une multitude de groupe se sont engouffrés dans la brèche, dont Zaïco Langa Langa. L’un des membres Papa Wemba, est d’ailleurs devenu depuis le Pape de la rumba rock, en créant son propre ensemble Viva la Musica, qui occupe toujours une place de choix sur la scène musicale Congolo- zaïroise.

Les héritiers actuels de la rumba n’utilisent plus guère les fameuses sections de cuivre qui ont fait la renommée des grands orchestres des années 60 et 70, préférant mettre l’accent sur la guitare. Mais quels que soient leurs styles langoureux ou endiablés comme le «tchatcho» de Koffi Olomidé ou soukouss de Pépé Kallé, tous respectent cette rythmique binaire qui reste encore de nos jours, la plus populaire d’Afrique.


L’Inter de Bamako

du 06 Octobre 2008