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En effet, dans une déclaration à l’AFP, M. Hamada Ag Bibi, porte-parole des ex-rebelles touaregs, affirme avoir «quitté Alger très satisfait» et que «l’heure est vraiment à la détente». «Tout s’est bien passé, effectivement ; nous allons appliquer sur le terrain les décisions arrêtées pour faire rapidement avancer les choses», a déclaré, de son côté, à la même agence, un membre de la délégation gouvernementale, de retour à Bamako.

Selon cet accord, les Touaregs ne doivent plus réclamer l’autonomie de leur région tandis que Bamako s’est engagé à accélérer le développement du nord désertique abritant l’essentiel de la communauté touarègue.

Signé à Alger, cet accord a mis fin à une crise survenue après des attaques, le 23 mai, de trois camps militaires, dans le nord et l’est du pays, par d’ex-rebelles touaregs déserteurs de l’armée, qui avaient fait six morts.

Selon un autre membre de la partie gouvernementale, poursuit l’AFP, un comité technique prévu par les accords sera mis sur pied «avant la fin du mois» pour l’identification des sites de cantonnement des ex-rebelles et l’organisation de la remise des armes et des munitions emportées par ces derniers lors de l’attaque des camps militaires.

Par ailleurs, les deux parties installeront, avant la fin de ce mois, à Kidal, un conseil régional qui sera consulté «sur tout ce qui touche à la région de Kidal», a précisé la même source.

Selon les termes de l’accord d’Alger, ce comité de suivi devra adopter son propre règlement intérieur et créera en son sein, le cas échéant, des groupes techniques, dont celui de la sécurité.

Il s’agit de la création d’un conseil régional provisoire de coordination et de suivi qui suppléera l’assemblée régionale.

Ses membres sont désignés de façon consensuelle par les deux parties et le facilitateur algérien. Cette instance sera une sorte de mini-gouvernement de Kidal, qui sera consulté par le département de tutelle lors de l’élaboration des projets de loi et textes touchant aux spécificités de la région de Kidal.

Grâce à l’accord d’Alger, les Touaregs du Mali ont pu abandonner leur «rêve» d’autonomie, qui a valu des affrontements sanglants au Mali dans les années soixante et quatre-vingt-dix, et ont décidé de prendre au mot la promesse gouvernementale d’aide au développement de leur région.

07 septembre 2006.