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La reggaewoman de renommée internationale Mariam Sangaré dite Sista Mam est originaire de Ségou, 4ème ville administrative du Mali, elle est née d’une famille de quatre enfants, dont deux filles, deux garçons. Elle est petite fille de malinké, peulh, sarakollé et Somono. Elle a convolé en justes noces avec Souleymane Traoré en mars dernier et porte désormais plusieurs casquettes. À la femme d’affaire, femme politique, artiste musicienne, vient s’ajouter la femme au foyer. Elle nous a accordé un entretien à cœur ouvert dans lequel elle parle de ses nouvelles activités et bien évidemment des propositions de sortie de crise.

L’Indépendant Weekend : Qu’est ce qui fait l’actualité Sista Mam ?

Sista Mam est depuis Mars dernier Madame Traoré, Dieu merci ça se passe très bien avec mon époux, un homme extraordinaire, attentionné, rien à dire. J’ai ouvert un espace culturel à l’hippodrome le  » Pili Pili Hakilima « .

Il s’agit du restaurant Pili Pili qui existait depuis 1987 et dont la reputation a dépassé les frontières maliennes dans le temps grâce aux bons plats africains et grillades de tout genre. Donc Pili Pili est de retour avec Sista Mam new version car mon orchestre Hakilima Roots y joue tous les weekend au grand plaisir des connaisseurs de la bonne nourriture et de la musique live (salsa, rumba, reggae, musique africaine, blues…).

Sur le plan artistique, comme vous le savez toutes les activités sont pour le moment en stand by et j’espère qu’on va très vite se remettre.

Tu portes. À la femme d’affaire, femme politique et artiste musicienne, vient s’ajouter celle de femme au foyer. Comment fais-tu pour t’en sortir dans l’accomplissement de toutes ces tâches ?

Je fais de mon mieux pour tirer mon épingle du jeu, certes ce n’est pas facile mais ne dit-on pas que quand on veut on peut?

Après le coup d’Etat, on s’attendait à voir toute la classe politique et même les artistes ensemble, afin de faire des propositions pour une sortie de crise. Malheureusement, on a été constaté que le moment a été plutôt à la discorde à tous les niveaux. Quelles sont les raisons ?

Je suis extrêmement déçue du comportement des uns et des autres que ce soit l’homme politique ou l’artiste. Pour ma part, le Mali est un et indivisible, n’en déplaise à nos ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. Dieu a doté les Maliens d’une chose extraordinaire, c’est notre appartenance au même arbre généalogique. Il nous suffit juste de communiquer, pour nous rendre compte qu’on est tous cousins et cousines. Mais certains ont laissé de côté cette chance et ne pensent qu’à leur propre intérêt. À ce rythme nous allons nous enfoncer et ce sera dommage.

En tant que femme de culture et femme politique, quelle analyse fais-tu de tout ce qui se passe (crise sociopolitique, occupation du Nord par des bandits armés, bastonnade du président par intérim Diouncounda Traoré ) et quelle proposition as-tu pour une sortie de crise et le retour à l’intégrité territoriale ?

La solution de sortie de crise se trouve dans nos us et coutumes. Il faut que les Maliennes et les Maliens acceptent de s’asseoir autour d’une table pour débattre des problèmes et trouver les solutions ensemble. Je l’ai chanté dans le titre Mali (le Mali est un grand pays, terre d’accueil, d’hospitalité, d’entraide). Je suis désolée qu’aujourd’hui les gens fuient ce même pays à cause des conflits et personne ne veut se rapprocher de l’autre.

La partie du septentrion est entre les mains des bandits armés c’est la grosse désolation. Il est hors de question que le Mali soit divisé, malgré la déliquescence de notre Etat. Il y a une très grande crise sociale rien ne va. La vie est excessivement chère, l’école est à la traine. Je l’ai chanté dans mon récent album, où je disais que l’école malienne est malade. La santé on n’en parle pas et que dire des paysans et des conditions de vie des femmes et des enfants dans les zones rurales. Il y a un ras-le-bol général et il faut que des solutions soient trouvées le plus rapidement possible.

Que les Maliennes et les Maliens acceptent de s’asseoir et discuter autour d’une table, de parler Mali au lieu de chercher à sauvegarder des intérêts personnels. RASTA dit non non et non, mais oui à l’amour pour le Mali. Peace and love Jah Rastafary.

Clarisse CNJIKAM

cnjikam2007@yahoo.fr

L’Indépendant du 1er Juin 2012