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La recherche est l’ensemble des activités, des travaux scientifiques auxquels se livrent des chercheurs. Pour mener à bien leurs œuvres, ces derniers doivent bénéficier d’un cadre idéal de travail dans lequel la contribution des autorités occupe une place primordiale. Mais, au Mali, les chercheurs sont considérés comme les « savants de l’ombre », car ni de loin ni de près les actes concourant à amplifier la recherche et à la fructifier ne sont exécutés.
Pourtant, le pays regorge de grandes potentialités qui peuvent être exploitées pour mieux servir les Maliens, d’où l’hypothèse que la recherche peut sortir le Mali de l’ornière. Certaines filières, foulées au pied de nos jours, constituent des sources de gains inestimables pour le pays. A preuve, des inventeurs étrangers se sont intéressés à des créneaux porteurs pour y faire d’importantes découvertes avant d’imposer les fruits de leurs résultats aux populations.

C’est pourquoi, des intellectuels n’hésitent même pas à soutenir que le socle du développement d’une nation dépend de sa capacité à encourager ses chercheurs à mener des enquêtes sur des domaines porteurs. Si les Etats-Unis, pays de référence en matière de recherche, sont la première puissance mondiale aujourd’hui, c’est parce qu’ils ont réservé la part belle aux études menées ça et là.
Dans notre pays, le « peu d’audacieux » qui se lancent dans la recherche dans quelque domaine que ce soit ont été vite étouffés dans leurs efforts dans la mesure où ils sont non seulement méprisés ou taxés de « fous », mais surtout isolés sur le terrain car ne bénéficiant pas d’appui conséquent. Ceux qui persistent font de découvertes fracassantes, qui sont par la suite considérées de « non important ». Ce qui a motivé l’allégation que « pour se faire une place au soleil de la recherche au Mali, il faut bénéficier d’un soutien au haut niveau pour être pris au sérieux et pour que l’invention mérite sa valeur réelle ».

L’école, un symbole du mépris

Le témoignage éloquent du déclin de la recherche chez nous est l’école, alors que pour réussir particulièrement l’enseignement supérieur, il faut former des futurs chercheurs en amenant les jeunes à réfléchir, à créer, à innover. Le ministère chargé de la Recherche scientifique, déjà assailli par la crise scolaire à laquelle il n’arrive pas à apporter un remède efficace, semble être à court d’idées pour donner un coup d’accélérateur à la recherche.
Jadis considérés comme le départ d’une carrière riche en termes de réflexion et d’innovation personnelles, les mémoires de fin d’études sont réduits aujourd’hui à leur plus simple expression, les documents faisant défaut et les enseignants ne se fatiguant plus pour les guider dans cette « volonté d’enquête personnelle ». Il se dit même que les recherches de fin d’études seraient sur le point d’être supprimées. Que vaut alors un diplôme supérieur dans les techniques rudimentaires de la recherche pour espérer gros de lui après ?

Une situation qui fait beaucoup mal à Fadh Seydou, un éminent professeur d’enseignement supérieur malien en Finlande : « Il n’y a pas d’enseignement supérieur sans recherche. Aucun pays ne peut se développer sans les sciences. Or, au Mali, le constat est alarmant, il y a une disproportion énorme entre les filières », a-t-il déploré.
Pour sa part, Pr. Dialla Konaté accable les décideurs politiques pour avoir laissé les « génies » à eux-mêmes, sevrés de toute aide. « Nos jeunes ont souvent acquis des savoirs impressionnants, mais vivent dans la précarité, la fragilité et la vulnérabilité. Ils sont comme le dieu Hercule, ils ont de la force et du savoir, mais n’ont pas de point d’appui », regrette-t-il.

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

29 avril 2008