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Certaines personnes sont rancunières. Elles sont douées pour garder en mémoire le moindre détail sur un évènement qui leur a fait du mal. Ces rancuniers savent être patients. Même s’il faut attendre  pendant 10 ans pour avoir gain de cause… Comme ce fut le cas avec la belle Oumou.

 « Il y a très exactement 10 ans de cela, soit en 2011, j’étais encore élève dans un lycée à Bamako. » Commence notre interlocuteur avant de continuer « À l’époque, je n’étais pas lA plus beau de ma classe mais toutes les filles m’appréciaient sauf Oumou, celle dont j’étais éperdument amoureux. Toutes mes tentatives pour l’attirer vers moi avaient échoué. Alors elle est devenue mon ennemie jurée dans la classe. »

« Une fois, alors que j’essuyais au tableau, Oumou m’a avisée de ne pas tout effacer car elle n’avait pas fini de recopier. J’ai joué au sourd, et j’ai tout de même tout essuyé. Enervée, elle s’est dirigée vers moi puis a renversé sur ma tête l’eau du nettoyage sous le ricanement de tous nos camarades de classe. Humilié, je n’ai pu riposter.

 Après cet incident, je n’ai plus jamais adressé la parole à Oumou. Chacun de nous a poursuivi son chemin. »

« Cependant, le hasard faisant bien les choses, j’ai rencontré Oumou 10 ans plus tard dans d’autres circonstances. Je suis devenu policier depuis. »

« Une fois alors j’étais en service à la circulation. Oumou à commis l’erreur de brûler un feu de signalisation en moto. Sans savoir qui elle était, je l’avais sifflé. Ce n’est que quand elle s’est garée que je me suis rendu compte que c’était Oumou ! L’occasion rêvée pour moi de me venger pour ce qu’elle m’avait fait au lycée. »

« Immédiatement je l’ai fait descendre de la moto. Madame a commencé à me supplier pour que je la laisse partir. Puisqu’elle était visiblement enceinte. Mais comme je voulais aller jusqu’à bout de ma vengeance, j’ai refusé. Alors Oumou m’a tendu un billet de 2000 f ce qui m’a une fois de plus énervé. J’ai donc décidé de l’arrêter pour tentative de corruption. Puis je l’ai amené à notre commissariat malgré les supplices de mes collègues. Si seulement je savais dans quoi je venais de me fourrer… »

«  Ce n’est qu’arriver au commissariat, lorsque j’ai amené Oumou devant le commissaire pour l’expliquer les faits que j’ai eu la surprise de ma vie ! Enfaite, Oumou était la femme du commissaire ! Elle m’avait supplié pendant tout ce temps pour ne pas que son mari apprenne qu’elle avait pris le risque de conduire une moto étant enceinte. La honte de ma vie ! »

Soumba Diabaté

@Afribone