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Le Mali est un pays où la raison du plus fort est toujours la meilleure. A défaut de la loi du Talion, œil pour oeil, dent pour dent, c’est la loi de la jungle et il ne se trouvera personne pour dire « arrêtez le massacre« . Après la bastonnade des journalistes, voici venue l’heure de la correction des députés.

Les députés étranglent les pauvres journalistes, le pouvoir les matraque et les embastille. Les forces de l’ordre cognent sur les députés et jettent des insanités aux journalistes dans l’exercice de leur fonction. La plupart du temps, les auteurs des agressions sont connus mais ils resteront à jamais impunis.

Ainsi en est-il de l’honorable Hawa Gassama Diaby, député de Yélimané, contre lequel a été déposée une plainte depuis déjà quelques années mais qui reste sans suite. Le plaignant est un journaliste de L’Indépendant qui a failli passer de vie à trépas sous les coups de poing de « député étrangleur » Ironie du sort ou de l’histoire, avec l’agression perpétrée sur l’honorable Mamadou Diarra à l’hôpital Gabriel Touré, c’est au tour des députés d’être victimes de la barbarie policière.

Ainsi chacun à son tour chez le coiffeur. Aucun citoyen n’est à l’abri d’un coup de bâton aveugle. Parce que personne ne porte sur le front une étiquette de député, de journaliste, de ministre etc.
La nuit tous les chats sont gris, dit l’adage bamanan en ce sens que personne, à défaut de faciès, ne sera cru sur parole.

Les brutalités policières qui se manifestent au jour le jour posent le problème de la formation des gens chargés de la sécurité des personnes et de leur biens. On ne peut pas dire que dans ce domaine tous les objectifs sont atteints.

N’importe quel quidam est recruté dans les corps en uniforme sans tenir compte des critères moraux qu’exige le métier des armes. Mieux encore, l’éducation commence en famille. Or, sur ce point c’est la faillite totale. Qui violent délibérément les droits des paisibles citoyens si elles ne portent atteinte à leur intégrité physique. Et le mal ne fait qu’empirer parce que les agresseurs sont assurés de l’impunité, s’ils ne sont couverts par leurs chefs.

La situation est tellement grave que même entre hommes en tenue on assiste souvent à des règlements de compte. Descente musclée des militaires sur la police du 7ème arrondissement, un policier qui moleste une douanière, des élèves gendarmes qui se révoltent les armes à la main, les exemples abondent qui montrent que l’autorité de l’Etat est bafouée et que les droits des citoyens sont bafoués au pied dans une République démocratique. A quand la fin de la dérive ?

Mamadou Lamine Doumbia

13 Décembre 2007.