Partager

A fêté ses 16 ans de traversée du désert


La Radio Kayira de Bamako a souffléses 16 bougies le 18 juin dernier. Comme de coutume, à chaque anniversaire le personnel organise une série d’activités devant son siège. Cette année, la fête de Kayira était riche en couleurs.

Des conférences débats ont été organisées sur des thèmes qui piétinent la vie de tous les jours. De sa création à nos jours, elle a donné naissance aux stations suivantes : Radio Kayira à Bamako, Radio Kayira à Ségou, Radio Kayira à Koutiala, Radio Kayira à Kita, Radio Kayira à Mahina, Radio Kayira à Niono, Radio Kayira à Koulondieba.

Le réseau a été secoué ses dernières années par le régime ATT avec l’arrestation de 6 journalistes de la radio kayira de Niosno. Malgré les pressions et les intimidations, les radios kayira n’ont pas été détournées de leur mission à savoir faire la lumière sur tous les dossiers sombres du pays.

La Radio Kayira : naissance et objectifs

Au cours du deuxième trimestre de l’année 1992 des militants du mouvement démocratique se mobilisaient pour mettre en place une association de Radio Libre.

Avec le soutien matériel et financier de la société civile malienne, de la coopération canadienne ainsi que la société civile européenne, à travers la FERL et la Radio ZinZine, la première station de cette association installée à Bamako commença à émettre le 3 juin 1992 sur les 104,4MHZ. Elle prit le nom hautement significatif de Kayira, «aube nouvelle, soleil nouveau, étape nouvelle». Les auditeurs l’ont baptisée : La Radio des Sans Voix.


Une radio au service des opprimés (les sans voix)

Renforcer l’élan libérateur de notre peuple qui venait de mettre fin à la dictature antipopulaire et antinationale de l’UDPM dirigée par Moussa Traoré.

Renforcer et élargir l’espace démocratique ainsi ouvert. Promouvoir la participation populaire.

Aider le peuple malien à s’épanouir pleinement sur le plan économique, politique, social et culturel.

Dynamique de développement. Le choix d’une telle voie a permis l’élaboration d’une ligne éditoriale mettant les Radios Kayira au service des paysans moyens et pauvres, des artisans, ouvriers, des chômeurs, des travailleurs exploités, etc.

Cet engagement des radios Kayira a permis la création d’un nombre impressionnant de clubs de soutien, de sympathisants à un tel point que les auditeurs mêmes ont nommé la radio la «Radio des sans voix».

Ces clubs créés partout où se trouvent les radios kayira se sont identifiés aux différentes émissions, aux animateurs des radios et à l’expression des valeurs soutenues par la radio. L’administration a réagi pour changer les noms des clubs liés aux animateurs afin d’éviter des conflits interpersonnels inutiles.

Dès leur création, les militants des clubs étaient conscients de leur rôle :

– servir de rempart contre les exactions éventuelles des forces antidémocratiques tapis au pouvoir ;

– propager le message de radio Kayira ;

– soutenir financièrement et matériellement les radios afin qu’elles mènent à bien leurs missions.

Les Radios Kayira ont alors dénoncé la mauvaise gestion, les détournements des fonds publics par les autorités politiques et administratives. L’imposition des mesures économiques spoliatrices du FMI de la BM, la répression des élèves et étudiants par le régime de I’ADEMA et de Alpha Oumar Konaré, la création de milice ethnique au nord du Mali contre les touaregs et les exactions de la rebellions touareg contre les populations civiles.

Les radios Kayira ont dénoncé les expulsions des maliens de France, de certains pays africains, la répression des maliens de la RCI et les assassinats de certains d’entre eux par les autorités de ce pays.

Les radios ont aidé à créer l’Association des Maliens de l’Extérieur, le Collectif de Soutien aux Maliens de l’Extérieur, organisé des marches de soutien aux peuples irakiens, palestiniens, congolais contre les agressions américaines, juives,rwandaises, ougandaises.


Une radio émergeante

Au cours de ces cinq premières années de son existence, Radio Kayira a essaimé. Elle a donné naissance à cinq autres stations de radio FM qui émettent à Koutiala, Ségou, Mahina, Kita et Koulikoro. Les 6 radios ainsi créées ont constitué un réseau dénommé Réseau de Communication Kayira.

Le credo du réseau Kayira repose sur la tolérance et le respect au quotidien de tous les droits de l’Homme, à commencer par le droit à la parole. Kayira se veut une véritable tribune de vigilance démocratique, d’éveil des consciences et d’éducation populaire.

Le Réseau de Communication Kayira a assigné à chaque radio 6 objectifs qui fondent notre éthique, notre identité :

1. Informer en toute indépendance sur tous les aspects de la vie locale, régionale, nationale et internationale.

2. Contribuer à rassembler sur les bases d’une démocratie participative, le plus grand nombre de citoyens possible et en particulier ceux dont la parole est déniée

3. Contribuer à l’information sur la santé,

l’assainissement et le respect de l’environnement
4. Donner la parole aux associations

5. Combattre la diffusion d’idées et principes fondés sur l’intolérance, le racisme, l’exclusion et la xénophobie

6. Ouvrir l’antenne aux expressions culturelles positives occultées par les modèles stéréotypés des grands médias.


Les clubs du réseau : La base sociale de Kayira

L’association Radio Libre Kayira a vu le jour en 1993. Elle s’est fixée comme objectif la promotion des valeurs culturelles positives de notre pays par la promotion des radios libres.

L’association s’est activée à créer des radios libres dont la première a vu le jour en juin 1993 à Bamako grâce aux cotisations des initiateurs, des populations civiles maliennes, martiniquaises et européennes.

LES RADIOS KAYIRA ET LES REGIMES ALPHA .O. KONARE ET ATT
INTIMIDATIONS, EXILE, FERMETURES ET EMPRIONNEMTS

Ces radios ont vu le jour après la chute du régime dictatorial de I’UDPM de Moussa Traoré.

C’est justement pour éviter le retour d’une telle dictature qui a réprimé et opprimé notre peuple que les fondateurs de l’Association Radio Libre Kayira ont décidé de trouver un moyen d’expression au peuple pour l’aider à s’organiser afin de s’émanciper de l’exploitation dont il est victime de la part de la bourgeoisie locale et des puissances financières internationales à travers le FMI, la BM et les multinationales Ces actions ont été organisées, amplifiées par les clubs de soutien.

La radio et ses clubs ont gagné en sympathie et en audience au sein du peuple. Le régime de I’ADEMA-PASJ a réagi et sévi arbitrairement.

Outre l’intimidation d’opérateurs économiques pour les empêcher de donner les publicités, avis et communiquer source de revenu aux radios, le régime a procédé par des descentes policières fréquentes, les arrestations, du personnel et des responsables citons entre autre :

– Exil forcé du Directeur Général faussement accusé de meurtre du policier Moussa Diarra en août 1997.

– Fermeture à titre conservatoire sur instruction du Premier Ministre Ibrahim Boubacar Kéita de la radio Kayira en 1994.

– Forte pression sociale et économique sur les administrateurs délégués en vue de leur débauchage ou d’obtenir d’eux le sabotage de la radio comme en 1997 à Bamako

– Débauchage des animateurs du Réseau.

Certains comportements de l’administration générale, de la justice, des forces de sécurité, contre les populations rurales (éleveurs, paysans, pêcheurs, artisans) sont dignes de l’époque coloniale. Dans ces zones l’injustice, la répression constituent la règle, la justice et l’équité l’exception.

Ces pratiques dénoncées en permanence par les radios Kayira ont incité le développement des clubs dans ces régions. Citons entre autres pratiques dénoncées :

– Disparition avec présomption de meurtre du jeune étudiant Mamoutou Kéita de l’Institut National des Arts.

– Collusion entre des commerçants receleurs, des voleurs, des forces de sécurité et de la magistrature dans le cercle de Koutiala.

– Déguerpis illégal et illégitime de 8000 familles pauvres de Niamakoro, Sénou, Faladjè etc… en 1995.

– Emprisonnement du journaliste noir américain Mumia Abou Jamal.

– Embargo criminel américain contre l’Irak la Libye et. Cuba.

– Conséquence dramatique de l’application des politiques d’ajustement structurel du FMI et de la banque Mondiale.

– Enlèvement frauduleux de 53 bœufs des populations de Soroba par les huissiers de Ségou en Octobre 2003 (soutenus par le procureur et la chambre des huissiers du Mali) contre la modique somme de 500.000fcfa…

Récemment, l’arrestation des trois journalistes de la radio Kayira de Ségou montre l’attitude des pouvoirs publics face aux contre pouvoir et justifie l’engagement des populations pour les clubs Kayira. Et aussi l’arrestation de 6 animateurs à Niono.

Ces forces conjuguées ennemies de la démocratie aliènent notre peuple et empêchent l’émergence de société civile responsable puisque consciente de ses intérêts.


La rédaction du Journal L’INTER DE BAMAKO VOUS SOUHAITE Joyeux anniversaire.

Moustapha GUITTEYE

23 Juin 2008