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Dresser le panorama de l’impact du logement au Mali relève d’une gageure. Notre dessein, en nous engageant sur cette voie, est moins de faire une étude exhaustive sur la problématique du logement en général, qu’une approche sommaire toute succincte de quelques éléments constitutifs de ce qu’il convient d’appeler, à notre humble avis, la bête noire du commun des maliens, à savoir :  » Se loger, et de manière décente « .

Alors pour des contraintes et par souci d’efficacité, souffrez que nous limitions le champ de l’intervention au cadre strict de Bamako, ville, qui d’une manière générale témoigne des préoccupations majeures et essentielles de l’ensemble des ménages du pays.

Textes

Une bonne politique de logement demande la mise en place d’un arsenal juridico administratif, faisant intervenir des notions aussi nombreuses que complexes, allant de l’implication de l’administration dans l’élaboration des textes à l’organisation du secteur en passant par la gestion saine de tous les paramètres socio-économiques.

Politique du secteur locatif

Au Mali, il n’y jamais eu une véritable politique du secteur locatif depuis notre accession à l’indépendance, malgré les multiples rencontres sur la question, entre autres :
– la conférence sur la location en 1987, année internationale du logement des sans-abri,
– le séminaire national de la politique du logement du 04 au 09 septembre 1989, et
– le séminaire national sur la stratégie du logement au Mali dans les années 1900.

Que d’énergie fourni et égaré pendant que la ville ne cesse de croître
Cette multitude d’actions menées ça et là n’ont connu aucune coordination entre elles, encore moins un suivi des différentes réflexions, recommandations ou suggestions.

La croissance urbaine nationale a atteint une ampleur telle, qu’on parle d’explosion, de bourgeonnement et même de bouillonnement :
– avec plus de 7.250 ménages à loger, la moitié de la population urbaine est locataire ;
– 41.500 logements seulement construits des indépendances à 1980, dont moins de 2% par l’état ;
– les villes connaissent un déferlement humain impressionnant avec un taux de + 25%.

Le coup d’épée

En 1991 la libéralisation des prix et la « métamorphose » brusque et inattendue du franc cfa n’ont pas contribuée à diligenter les préoccupations quotidiennes des populations en particulier, dont plus de 50% vivait en location.

Quelques statistiques

Le Mali connaît une urbanisation de plus en plus croissante – en 1987, près de 23% de sa population vivait dans les villes contre 9% en 1960. Bamako, la capitale qui s’agrandit à plus de 7,5% annuellement depuis 1965 pourrait atteindre 2 millions d’habitants d’ici l’an 2025.

La croissance des centres secondaires du pays est également rapide. Six zones urbaines de plus de 45.000 habitants se densifient à plus de 5% par an.
Ségou (l11.900 h), Mopti (91.200 h), Sikasso (79.500 h) Kayes (84.500 h), Gao (52.500 h) et Koutiala (46.500 h), chiffres qui demandent une mise à jour.

Si l’on en croit les tendances actuelles, ces populations doubleront d’ici à l’an 2020, soit un important chiffre de ménages à loger.

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Informations sur le secteur locatif

La demande potentielle de logements en location peut se mesurer au moyen de différents indicateurs se recoupant partiellement en un besoin de 14.000 logements par an en moyenne; pour le district de Bamako un besoin annuel de l’ordre de 8.000 logements en moyenne.

Les informations fiables sur la location du logement sont réduites. Les enquêtes du projet urbain du Mali révèlent qu’environ 1/3 des ménages serait locataire de leur logement. En 1976, environ 1/4 des ménages vivait dans le spontané, pourcentage actuellement plus élevé. Pour cause, lapénurie de terrain à bâtir, les opérations de déguerpissement des quartiers spontanés et la tendance des ménages locataires à quitter les quartiers denses pour louer en périphérie à des prix modestes ou acquérir une parcelle non lotie et y bâtir une maison en banco, tout en essayant d’échapper aux mesures prises contre les constructions illicites.

Bamako

A l’instar d’autres villes du Mali, Bamako n’échappe nullement au phénomène de la crise du logement. L’inadéquation offre et demande de logement, fait qu’à l’heure actuelle, trouver un logement adéquat avec un minimum de confort, de sécurité et d’hygiène conforme à sa « petite et souvent irrégulière » bourse dans les principaux centres urbains du Mali, n’est pas chose aisée.

Quelques notions

Nous comprendrons par :
– revenu : ce que perçoit une personne au titre de son activité (salaire, etc.) ou de ses biens (loyers, etc.). C’est à dire l’ensemble de ses ressources monétaires ou de son ménage.
– ménage : une administration domestique ou une unité alimentaire de production (composée de une ou plusieurs personnes) habitant un même logement.
– taux d’effort des ménages : c’est la part du revenu consacrée par eux au logement (loyer, eau, électricité, entretien divers).

Le saviez-vous ?

Au Mali une réglementation précise entre autres que :
– le prix maximum du loyer est fixé à 11% de la valeur réelle de l’immeuble.
– le montant de cautionnement et des loyers à verser d’avance à titre de garantie ne peut excéder une somme correspondante à un mois de loyer.
– le loyer-plafond est déterminé sur la base de l’amortissement, de la prévision pour entretien et réparation, du coût de la construction, et de la marge bénéficiaire.

A ces éléments il convient d’ajouter le coût des impôts et ou taxes en vigueur en république du Mali.

(à suivre)


11/10/2003

Cheich Abd El Kader, architecte
Abdelkader@afribone.net.ml