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La nouvelle a attristé le monde sportif et de la communication le samedi 04 novembre 2006. Le doyen Pierre Diakité a rendu l’âme à Saint Domingue (République dominicaine), alors qu’il participait aux assises de l’association internationale de boxe amateur (AIBA). Oui le doyen est mort pour et au service de la boxe. Comme sur un ring.

Avec sa disparition, la presse sportive perd un journaliste de grande qualité. Mais (surtout !) la boxe, sa chose perd la personne qui l’a portée à bout de bras. Et ce n’est pas un hasard que le fils de Nicolas et Massaba Damba s’est retrouvé vice-président de la fédération malienne de boxe. Sportif dans l’âme, Pierre Diakité n’a jamais été un pratiquant du noble art.

Avec fougue, il a entretenu des talents dont Tidiani Sidibé, Moussa Sangaré, Tiékoro Traoré ou autre Mary Konaté. Pourtant, il fut un bon pratiquant du football de l’athlétisme, de l’Aïkido. Qu’à ce la tienne, Pierre a choisi de s’investir pour le rayonnement de la boxe. Sa personnalité était presque confondre à une discipline qui n’est pas adulée du grand public.

Les téléspectateurs de l’ORTM se sont habitués à une dose régulière tant que le doyen était sur le plateau. Fait de Dieu : ce ne sera plus ainsi. Du moins, il sera extrêmement difficile de remplacer ce grand intellectuel, amoureux et passionné du travail bien fait. Il aimait dire : « tout ce qui doit être fait, mérite d’être bien fait« . Il ajoutait souvent : « Si tu veux me tuer, tu me demandes d’arrêter de travailler« .

Ces deux assertions traduisent la passion de l’homme pour le travail. C’est ce qui explique aussi son refus de profiter de sa retraite professionnelle. En effet, le doyen Pierre Diakité est né le 10 mars 1937 mais il portait bien ses 69 ans. Il les portait si bien que sa présence ne passait jamais inaperçue avec son air jovial. Pierre s’amusait avec tout le monde, chaque fois il avait une blague qui détendait l’atmosphère.

Un comportement qui n’a du reste jamais altéré ce qu’il entreprenait. Car le grand chauve, avait toujours amour et passion pour ce qu’il faisait. Enseignant (retraité), Pierre Diakité marque encore les esprits à la fois des élèves qu’il a enseignés mais aussi des collègues qui ne tarissent pas d’éloges à son endroit.

Au nombre de ceux-ci, on peut citer le grand frère Papa Oumar Diop pour qui « l’homme était un intellectuel de grand niveau« . Diop se refusera certainement de parler de lui au passé, car il sera toujours présent dans les esprits, tout comme il a su faire rentrer la boxe dans certains cœurs. La douleur de la disparition de Pierre Diakité restera grande chez le président Habib Sissoko et l’ensemble du mouvement olympique malien.

Du fait qu’il a brillamment tenu depuis 1993 la présidence de la commission communication du comité national Olympique et sportif du Mali. Ses valeurs olympiques lui ont valu d’être régulièrement reconduit mais aussi de participer aux jeux olympiques d’Atlanta 1996, Sydney 2000 et Athènes 2004. On dira avec Amadou Hampâté Bah, Pierre Diakité est mort, une bibliothèque a brûlé. Une grande source d’inspiration a tari pour la presse sportive malienne.

Dors en paix, doyen !

Souleymane Diallo

07 novembre 2006.