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Kader sidibé et Adama N. Diarra refusent le diktat du CE de l’ADEMA

Le problème reste entier et les débats sont toujours ouverts à l’ADEMA pour le choix du candidat du parti à la présidence de l’Association des Municipalités du Mali (AMM). La 10ème Conférence nationale du parti qui s’est tenue, hier dimanche, au Centre International de Conférences de Bamako n’a pu, en réalité, convaincre les maires Kader Sidibé de la commune III du District de Bamako et Adama N. Diarra de la commune rurale de Kourouma dans le cercle de Sikasso de retirer leurs candidatures.

Les partisans des deux tendances opposées au diktat du CE de maintenir Boubacar Bah dit Bill ont, en effet, demandé à la Conférence de leur laisser le soin de gérer la candidature de leurs camarades Kader Sidibé et Adama N. Diarra. Au lieu de tenir compte des propositions de ceux-ci, le CE par la voix du président Dioncounda Traoré, a versé dans l’intox en annonçant à l’assistance que Kader Sidibé et Adama N. Diarra ont retiré leur candidature.

Cette tentative de manipulation de la direction de l’ADEMA vise à étouffer la crise de leadership qui se profile à l’horizon au sein du parti.

«Séparés, nous finirons par tout perdre»

Déjà, dans son discours d’ouverture, Dioncounda Traoré avait invité les militants et les cadres de l’ADEMA à l’unité et à la cohésion en soutenant qu’ « ensemble nous réussissons et nous réussirons tout. Séparés, nous finirons par tout perdre ». Cette deuxième phrase sonnait comme une sévère mise en garde, mais très objective, car l’ADEMA va mal, très mal même et cela malgré son poids politique qui fait de lui le plus grand parti du pays.

Face au clanisme, avec à la clé les batailles de chiffonniers autour des postes, le parti risque d’aller tout droit à Canossa en 2012, année des élections générales, surtout de la présidentielle que le parti veut gagner afin de reconquérir le pouvoir perdu en 2002 face à l’indépendant ATT.

En réalité, la déclaration ayant trait au risque de tout perdre, en dit long sur la crise qui se profile à l’horizon au sein de l’ADEMA à cause des ambitions personnelles, certains diront même démesurées, de certains de ses cadres.

Ce constat est un secret de polichinelle, même si Dioncounda Traoré tente de le minimiser en déclarant, sans aucune conviction, que « l’unité et la cohésion se consolident, la confiance se restaure, la discipline revient, même si nous observons quelques cas, de plus en plus rares de camarades qui n’ont pas toujours compris que leurs intérêts s’inscrivent dans la force du parti, dans la justice et la solidarité ».

Même si les cas d’« indiscipline » sont rares, comme l’affirme le président du parti, force est de reconnaitre qu’ils sont d’une portée assez préjudiciable pour l’ADEMA. C’est pourquoi, il a soutenu que « notre approche des problèmes ne doit être ni locale, ni communautaire, ni régionale ».

Une flèche, sans doute, à l’endroit des maires ADEMA de la région de Sikasso dont l’écrasante majorité soutient Adama N. Diarra, un enfant du terroir, contre la volonté de la direction du parti dans la guéguerre au sein de l’ADEMA pour le contrôle de l’Association des Municipalité du Mali (AMM).

La flèche de Dioncounda Traoré vise également Kader Sidibé, lui aussi candidat à la présidence de l’AMM au détriment du choix de CE et l’imperturbable Lanceni Balla Kéïta qui maintient, jusque-là, sa candidature au sein du parti pour la présidentielle de 2012. Sans compter « les mécontents » des Congrès du mouvement de la jeunesse et de celui des femmes qui ont vu Lazare Kéïta et Mme Doumbia Fatoumata Konté imposés respectivement à la tête des jeunes et des femmes de l’ADEMA au nom d’un soi-disant consensus (sic).

En plus, on parle dans les salons feutrés de Bamako, d’une éventuelle candidature à la présidentielle de certains ministres ADEMA dont Sékou Diakité et Ibrahima dit Iba N’Diaye.

Les perspectives de 2012

Ainsi, face à cette situation qui risque, un jour, de casser, encore une fois de plus, le parti de l’abeille, Dioncounda Traoré tente de calmer les esprits en ces termes : « nous devons, en tout lieu et en tout temps, garder en mémoire les valeurs qui nourrissent et notre projet de société qui dépasse chacun d’entre nous pris individuellement. C’est pourquoi, j’exhorte chacune et chacun d’entre nous à adopter un comportement toujours plus discipliné, toujours plus militant ».

Se glorifiant d’être à l’origine de la gestion concertée mise en œuvre sous l’ère Alpha Oumar konaré, l’ADEMA entend poursuivre cette politique dans la perspective de 2012 dans le cadre des alliances conformément aux résolutions et recommandations successives des instances du parti.

Ainsi, pour Dioncounda Traoré « l’ADEMA doit aller résolument vers des retrouvailles avec les partis issus de nos rangs ou du mouvement démocratique aux contours revus et corrigés. Nous devons envisager, sans complexe aucun, des fusions et, en tout cas, des alliances loyales et solides avec tous les partis politiques qui le souhaitent sur la base du partage de responsabilités, c’est-à-dire, de la gestion concertée des institutions de la République ».

Actualité internationale oblige, le président de l’ADEMA a abordé les situations politiques au Niger, en Guinée Conakry, en Côte d’Ivoire, au Togo et en Guinée Bissau.

Concernant les deux premiers pays cités, Dioncounda Traoré a appelé au retour de l’ordre constitutionnel, avant d’inviter les dirigeants des autres pays à la consolidation des principes démocratiques.

Notons, enfin, que cette 10ème conférence nationale de l’ADEMA a fait entre autres, l’état des lieux au sein du parti, à travers l’évaluation de la santé politique de celui-ci, approuvé les règlements intérieurs respectifs des mouvements des jeunes et des femmes, examiné la question de la relecture des textes fondamentaux de la République en cours.

Alassane DIARRA

29 Mars 2010