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La démission de la ministre de la Justice et les attaques du Premier ministre Odinga contre le chef de l’Etat Mwai Kibaki mettent en lumière le contrôle effectif du pouvoir par la présidence au détriment d’un gouvernement de coalition au bord de l’implosion. Formé il y a près d’un an pour sortir le Kenya d’une grave crise post-électorale, le gouvernement de coalition est paralysé par une défiance tenace entre les 2 principaux partis le composant. Il est surtout, de l’avis d’observateurs et de l’aveu même de ministres, pris en otage par la présidence où un cercle fermé de proches de M. Kibaki garde la haute main sur les nominations clés. « J’ai réalisé que je ne pouvais mettre en place des réformes dans mon ministère car on sape mon autorité. Des juges sont nommés sans que j’en sois informée et bien plus encore« , a ainsi déclaré la ministre démissionnaire. Largement saluée par la société civile comme un acte de courage politique, la démission de Mme Karua, qui n’est pas totalement étrangère à ses ambitions présidentielles pour 2012, pourrait toutefois se résumer à un coup d’épée dans l’eau. (Afp)