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Elle peut être source de bonheur pour les uns et de malheur pour d’autres

Le mariage joue un rôle essentiel dans la vie d’un homme. Il contribue à l’équilibre à la fois des individus et de la société. Par le passé, on se mariait suivant la coutume. Les individus s’unissaient de préférence sur la base des classes sociales. Aujourd’hui, les temps ont changé. Les jeunes n’accordent plus beaucoup de considérations à l’ethnie quand ils décident de s’unir avec une fille ou un garçon pour le meilleur et pour le pire.

jpg_f1-7.jpgIls privilégient l’apparence physique, l’aisance matérielle. En oubliant souvent de prendre le temps de bien connaître leur futur conjoint.
C’est pourquoi dans la plupart des cas, après nombre de mariages en pompe, patatras.


Le divorce est annoncé avec fracas

Or un homme doit prendre le soin de bien choisir sa première femme. « Le bon choix de la première épouse favorise un avenir heureux pour un homme », soutiennent nos sages. La première épouse peut à la fois être source de bonheur ou le contraire pour un homme.

La stabilité et la croissance d’un groupe humain sont en rapport étroit avec la solidité des familles. Pour cette raison, le mariage, institution de base d’un peuple, a été finement organisé et institutionnalisé dans beaucoup de sociétés. La femme dans la société traditionnelle incarne les vertus et les faiblesses.

Elle est respectueuse des coutumes et des traditions, même lorsque celles-ci s’avèrent injustes et défavorables à son endroit.
Elle accepte de se soumettre, sans autre forme de procès, aux conventions qui protègent les intérêts de l’homme aux dépens des siennes.

Ainsi l’éducation de la fille met l’accent sur la soumission et l’obéissance aveugles, plutôt que sur le développement de l’initiative individuelle et de la personnalité qui s’affirme. La femme acquiert des attitudes et des valeurs qui la maintiennent toujours sous la tutelle de l’homme.

Elle s’accommode tant bien que mal, et plutôt mal que bien, à cette société qui lui assigne une place de deuxième rang. En effet, dans la vocation de dignité, la femme apparaît comme le personnage source par qui naît ou se transmet une descendance.


« La première épouse était considérée dans la société traditionnelle comme la mère de son époux.

Elle jouait le rôle de maîtresse de maison après la belle maman », explique le vieux Sidy Diaby qui indique qu’autrefois n’importe quelle femme n’avait pas la chance d’être la première épouse. Car le choix de la première épouse revenait au père de l’époux, contrairement à ce qui se passe actuellement ou le choix revient à l’époux.

« Vous savez, vous les jeunes vous avez tendance à tout négliger surtout quand il s’agit de nos valeurs traditionnelles. C’est pourquoi nous assistons à plus de divorces que d’unions« , constate le vieux sage qui explique que le père du futur époux choisit la future épouse sur la base de critères ésotériques hérités de la nuit des temps.

Ils ont fait la preuve de leur pertinence et de leur efficacité.
La moralité de la fille entre en ligne de compte. La famille d’origine de la fiancée et son niveau d’éducation c’est-à-dire son comportement dans la société et surtout ses caractères influaient sur la décision finale de la belle famille.

Bref la première épouse doit être sérieuse, soumise et respectueuse. Le vieux Sidy Diaby est convaincu que la première épouse d’un homme peut à la fois être source de bonheur ou de malheur pour son mari. Source de bonheur parce que malgré toutes les contraintes du mariage, la fille choisie sur la base des critères cités plus haut se dévoue corps et âme à son foyer. « Se maintenir dans son foyer est une question d’honneur et de fierté pour toute épouse choisie selon nos valeurs culturelles« , assène le doyen Sidy.


Beau physique

Le vieil homme assure que rien ne fait plus plaisir à un homme que d’avoir une femme soumise prête à tout pour conserver sa place dans son foyer. Le mauvais comportement de la première épouse est considéré comme source d’épanouissement et l’harmonie d’une famille. Il peut engendrer la destruction totale d’une famille. « Dieu seul sait le nombre de grandes familles dans notre pays qui ont périclité à cause de l’attitude incorrecte de la femme, car l’épouse influence beaucoup son mari. Consciemment ou inconsciemment ce dernier peut jouer le jeu de sa femme », explique le sage Diaby.


L’homme avisé ne doit pas choisir une femme parce qu’elle a un beau physique
. Car la véritable beauté d’une femme tient dans son comportement et non dans son apparence physique. Notre interlocuteur nous révèle qu’il a quatre épouses. Sa première épouse lui a été donnée par son papa, il a lui-même choisi les trois autres. Actuellement, a-t-il indiqué, sa première femme est le noyau de sa famille. « Tout se passe autour d’elle. Elle est au début et à la fin de tous mes projets », lance-t-il.


Amadoune K. Touré
est du même avis que notre premier interlocuteur. Il nous explique que la première épouse est tout pour son mari. Elle bénéficie de tous les privilèges du mariage au profit des autres épouses. « Tout commence par elle qui est au centre de la famille », souligne-t-il.

Ce n’est pas pour rien du point de vue de M. Touré que l’on demande à la femme de se soumettre. Notre interlocutrice trouve qu’il n’est pas facile qu’un homme puisse donner dos à sa première épouse après que cette dernière malgré les contraintes et autres du mariage a conservé son foyer.

« Le mariage peut valoir soit un immense bonheur, soit le pire chagrin, selon que le conjoint ou la conjointe soit ou ne soit pas mûr pour fonder un foyer sur un autre« , conclut-il.

Le cas de ce jeune qui a préféré gardé l’anonymat est tout autre. Ce jeune cadre dans un service de la place vit toujours après quelques années de son divorce des séquelles de son échec. « La femme que j’ai choisie a fait de ma vie un enfer sur terre. Non seulement elle me trompait au vu et au su de tout le monde, mais aussi elle cherchait coûte que coûte à me séparer de ma famille », lance-t-il avec un regard qui en dit long sur sa peine.
Il nous explique que son premier choix au lieu d’être source de bonheur et de quiétude a été la source de tout son malheur.

« Dire que j’ai failli laisser tout pour elle. Actuellement, je n’ose même pas fixer mes amis dans les yeux encore moins ma famille qui m’avait pourtant mis en garde. Je suis devenu par la force des choses un solitaire. Le pire pour moi c’est que je n’ai plus de confident », se lamente notre jeune interlocuteur qui nous raconte qu’après son échec il a failli avoir des problèmes à son lieu de travail tellement il était déçu.

Il reconnaît aussi qu’il n’assurait pas correctement en tant que cadre sa fonction car tout le dégoûtait. Actuellement, notre interlocuteur qui refuse catégoriquement de se remarier s’occupe convenablement de son petit garçon. « Croyez- moi, j’ai eu ma dose. Comme on le dit si bien qu’un chat échaudé craint l’eau froide », conclut-il en souriant.

Sa grand-mère qui assistait à notre entretien lance que « toutes les belles femmes ne sont pas à prendre ». Le choix d’une épouse surtout la première est très complexe. Car selon elle, ça demande de la patience et surtout de la vigilance. Elle indique que si nous voulons donner au mariage son sens d’antan qu’il nous faudra adopter certaines de nos valeurs traditionnelles. Car pour elle tout n’est pas à rejeter au risque d’être déçu et diminuer tout au long de ton existence comme fut le cas de son petit-fils.

Mariam A. Traoré

Essor du 24 Avril 2009