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Attijariwafa Bank veut se mettre au service du développement du Mali

Avec un total de bilan de 211,9 milliards de dirhams, soit plus de 21 milliards d’euros ou plus de 13 000 milliards de FCFA, 600 agences, un résultat bénéficiaire d’environ 2,5 milliards de dirhams (soit environ 25à millions d’euros ou plus de 162 milliards de FCFA) Attijariwafa Bank est la première banque du Maghreb et du Maroc.

C’est elle qui vient de racheter 51% des actions de la Banque Internationale pour le Mali (BIM SA) pour près de 40 milliards de FCFA. Dans la foulée de cette privatisation, Attijariwafa Bank a organisé, du 13 au 16 novembre, un voyage d’études à l’intention d’une demi-douzaine de journalistes maliens, accompagnés pour la circonstance de la Directrice adjointe de la BIM SA, Mme Touré. Une visite marquée par une conférence économique avec comme thème  » la crise financière international : quel enjeu pour les pays émergents ?  » et la présentation du Groupe Attijariwafa à son siège à Casablanca.

Né de la fusion en 2003 de la Banque Commerciale du Maroc et du Groupe Wafabank Attijariwafa Bank est la première banque du Magrheb et du Maroc. Elle se positionne au 6e rang au niveau du continent africain après les banques d’Afrique du sud. Le Groupe a enregistré en 2007 un résultat net de 2,5 milliards de dirhams (soit 250 millions d’euros ou plus 162 milliards de F CFA ).

Présente en Tunisie, le Groupe, dans le cadre de sa stratégie d’expansion, a racheté la Compagnie Bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO). Il disposait déjà dans ce pays d’une antenne. En Europe, le Groupe, à partir de la France a tissé un réseau de succursales et des desks commerciaux (Belgique, Allemagne, Hollande, Italie, Espagne).

Attijariwafa Bank dispose également de bureaux de représentation à Shanghaï, en Angleterre à Riyad, Abu Dhabi et Dubaï. A la bourse de Casablanca, l’action Attijariwafa Bank a clôturé l’année 2007 à 3 080 dirhams, enregistrant une performance annuelle de 33,9% au même titre que le MASI. Cette performance a été accompagnée par un volume moyen quotidien de 101,8 millions de dirhams comparé à 32,6 millions de dirhams une année auparavant.

Depuis l’annonce de la fusion entre la Banque Commerciale du Maroc et Wafabank en novembre 2003, le titre Attijariwafa Bank a superformé le marché, enregistrant une performance cumulée de 225% comparée à 180% pour le MASI. Ce qui traduit la confiance des investisseurs dans la stratégie de développement de la banque eu égard à la forte progression de ses indicateurs financiers.

Le Groupe Attijariwafa Bank tire aussi sa force de ses filiales spécialisées qui sont toutes leaders dans leurs domaines d’activités respectifs. C’est le cas de Wafa Assurance qui est n°1 en Assurance Vie, n°2 en Assurance Auto du Particulier, n°3 sur le Marché de l’Entreprise. Il s’agit aussi de Wafa Salaf spécialisée dans le crédit à la consommation et de Wafa Cash, spécialisé dans les transferts d’argent.

A la faveur de cette présentation, le PDG du Groupe, Mohamed El Kettani, entouré pour la circonstance de ses proches collaborateurs, a fait part des ambitions d’Attijariwafa pour le Mali à travers notamment la duplication de sa très riche expérience acquise pendant des décennies au Maroc.

Il s’agit, avant tout, du financement des entreprises, de la grande entreprise à la très petite entreprise en passant par les PME-PMI. Ce qui est une aubaine pour les privés maliens au regard des besoins criards de financement qu’ils éprouvent et du rôle stratégiques qu’ils peuvent jouer dans le décollage économique du pays.

L’Etat aussi en aura pour son compte, car Attijariwafa Bank, à en croire son PDG, se tiendra à ses côtés pour le financement de ses projets d’infrastructures routières, énergétiques, de télécommunication, ses projets miniers…Les journalistes ont eu le loisir de visiter le centre d’affaires Youssouf spécialisé dans le financement des entreprises, notamment les PME-PMI

L’ouverture d’Attijariwafa Bank vers le Mali est sous-tendue par des relations fraternelles qui plongent leurs racines dans l’histoire commune de nos deux pays nourries, le long des siècles, par des échanges de tous ordres: commerciaux, économiques, culturels, religieux et même les liens de sang par le biais du mariage.

Ce sont les valeurs du respect de l’autre, de la solidarité que Attijariwafa Bank entend développer en prenant les rênes de la Banque Internationale pour le Mali. Mais en dehors de ces considérations sentimentales le PDG a laissé entendre que le Mali offre une grande opportunité pour la politique d’expansion régionale de son Groupe.


D’abord parce que le taux de bancarisation au Mali n’est que de 4%, autrement dit le terrain est quasiment vierge.

En second lieu, le Mali dispose d’un grand potentiel économique au regard de ses fabuleuses ressources naturelles, minières et agro-pastorales. Sans compter la stabilité sociopolitique dont le pays jouit et le caractère exemplaire de sa démocratique qui a été plus d’une fois salué à travers le monde.

La présentation de la banque aux journalistes maliens à son siège à Casablanca a été précédée, le 13 novembre, par l’organisation par Attijariwafa Bank de la première édition de la Conférence économique qui fut un franc succès comme en témoignent la participation – au moins 500 chefs d’entreprise y ont participé- et de la qualité des conférenciers qui l’ont animée.

Parmi eux, il y avait Alexandre Adler, historien, Conseiller éditorial à la Direction du Figaro, spécialiste des questions géopolitiques, Eui-Gak Hwang, Professeur émérite d’économie au Centre international pour le développement de l’Asie de l’Est, Gildas de Nercy, Responsable de la Recherche Exane Derivatives et Jacques Attali, ancien Conseiller du président Mitterrand, président de PlaNet Finance.

L’éclat de la Conférence a été, par ailleurs, rehaussé par la présence du ministre de l’Economie et des Finances du Maroc, Salah-eddine Mezouar et du Président Directeur Général du Groupe Attijariwafa, Mohamed El Kettani.

La Conférence avait pour thème « la crise financière et marchés émergents : menaces ou opportunités ?« . Il est ressorti des différentes interventions que le Maroc, l’Afrique, d’une manière générale, du fait qu’elle n’est pas connectée sur le système financier international, est à l’abri des produits toxiques qui gangrènent celui-ci.

Cependant, si elle n’est pas directement exposée à ce tsunami financier qui ne fait que commencer, l’Afrique pourrait en subir indirectement les effets collatéraux à travers une éventuelle contraction de l’aide, la réduction de la demande en matières premières et en services consécutives à la récession dont sont victimes les économies des pays développés.


Envoyé spécial au Maroc Yaya SIDIBE

19 Novembre 2008