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Dans le cadre de la mise en oeuvre de son plan d’action, l’Association Juridique de Communication et d’Appui à la Démocratie (AJCAD) en collaboration avec l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE) a organisé le samedi 31 mai 2008 au Centre du secteur privé une conférence d’information sur la politique nationale de l’emploi au Mali.

La cérémonie était présidée par M.
Ibrahima N’Diaye, ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.

Elle a enregistré la présence du Pr. Aly Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée Nationale et du Parlement de la CEDEAO, le Dr Abdoulaye Sall, président de CRI 2002 et Modérateur de ladite conférence.

Deux thèmes majeurs ont été débattus au cours de la rencontre à savoir <<la politique nationale de l’emploi et les statistiques du marché du travail au Mali>>, exposé par Modibo Koly Keïta, chef du Département Observatoire de l’Emploi et de la Formation (DOEF) de l’ANPE et <<les emplois juridiques et judiciaires au Mali>> exposé par Mamadou Fadiala Keïta, président de l’AJCAD.

Parmi les sans emplois au Mali, les juristes sont les plus nombreux

Dans son intervention, le ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, M. Ibrahima N’Diaye nous apprend qu’il y a de cela deux ans, avant qu’il ne soit ministre, les juristes étaient les plus nombreux parmi les sans emplois au Mali.

Conscient de cela, il propose l’ouverture dans les cercles voire même dans les communes de bureaux d’expérimentation tenus par des juristes.

Cela permettra d’absorber une partie du problème. Ces bureaux d’expérimentation serviront de lieux où les gens qui ont des problèmes liés à l’héritage, au foncier viendront s’expliquer. Dans un pays comme le Mali où il y a peu d’industries qui absorbent le chômage, le ministre Iba N’Diaye pense que la voie royale pour résoudre le chômage est la création de micro entreprises.


L’emploi juridique et judiciaire au Mali

Le Mali est un vaste territoire de plus de 1 241 000 Km2 pour une population estimée à plus de 12 millions d’habitants. Les femmes sont les plus nombreuses, soit 51,20%. Cette population a une composante jeune. Les personnes de plus de 65 ans ne représentent que 4% de la population. Ce vaste territoire est faiblement couvert en terme de distribution de la justice aux judiciables.

En 2007, selon les chiffres fournis par le président de l’AJCAD, les magistrats étaient au nombre de 369 sur l’ensemble du territoire national. Comme structures de justice, seulement 3 Cours d’Appel existent : Kayes pour la région de Kayes; Bamako pour Bamako, Koulikoro, Sikasso, Ségou; Mopti pour Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal.

A côtés de ces trois Cours d’Appel, il n’y a que 16 tribunaux de première instance dans les 6 communes du District plus les huit chefs lieux de régions, Kati et Kita. Dans les autres cercles, il n’y a que la Justice de Paix à Compétence Etendue (JPCE).

La comparaison entre TPI et JPCE est d’intérêt, puisqu’aux termes de la loi n°88-39/AN-RM, le TPI est composé d’un président, d’au moins un juge au siège, d’au moins un greffier en chef et d’au moins d’un procureur de la République alors que concernant la JPCE, la loi ne prévoit qu’un seul magistrat qui exerce en matière pénale les fonctions poursuite, d’instruction et de jugement”, a affirmé Mamadou Fadiala Keïta, président de l’AJCAD.

En 2007, le nombre d’avocats était de 350 y compris les stagiaires dont 4/5ème, soit 280 résident à Bamako. Au même moment, le nombre de notaires était de 35 personnes, à part 5 notaires ailleurs, les autres exercent à Bamako.

Les Huissiers de Justice, au nombre de 65 résident à Bamako pour 30 huissiers, 5 dans le région de Koulikoro, 9 dans la région de Sikasso, 11 dans la région de Ségou, 2 à Mopti, 1 à Gao, 1 à Tombouctou. Ces statistiques sont révélatrices du déficit de personnel de la Justice et auxillaires par rapport au nombre de la population.


La politique d’emploi au Mali

A partir de 1998, le Mali s’est lancé dans l’élaboration d’un document cadre sur la Politique Nationale de l’Emploi (PNE). Ce document a été adopté en 2000 et constitue le champ de matérialisation, de la mise en oeuvre du PNE.

Les objectifs de la politique nationale de l’emploi sont entre autres conforter et sécuriser les emplois privés existant et améliorer les performances dans l’emploi public, réduire le chômage et le sous-emploi, accroître la demande d’oeuvre des zones urbaines et rurales.

L’Etat, à travers l’Agence Nationale pour l’Emploi, a défini cinq domaines d’interventions prioritaires pour atteindre les objectifs cités hauts. Ce sont : l’emploi local, la promotion des travaux à haute intensité de main-d’oeuvre, la formation professionnelle et technique, le développement des entreprises et l’emploi informel.

L’ANPE est un Etablissement Public à caractère Administratif (EPA) doté de l’autonomie financière et de la personnalité morale. Sa mission est essentiellement de contribuer à la mise en oeuvre de la politique nationale de l’emploi. Pour accomplir cette mission, l’ANPE dispose d’organes d’administration et de structures techniques opérationnelles dont le Département Observatoire de l’Emploi et de la Formation.


L’analyse du marché du travail

L’Observatoire de l’Emploi et de la Formation (OEF), à travers l’enquête Emplois/Métiers réalisée en 2006 a retenu 17 branches d’activités, 15 domaines de métiers, 160 familles professionnelles, 1315 Emplois/métiers.

Sur les 12 millions d’habitants que compte le Mali, 68% vivent en milieu rural. Le taux de scolarisation du premier cycle est estimé à 56,7%. Le nombre d’écoles primaires est de 17 880 dont 45% publiques. Le nombre d’enseignants dans les écoles primaires est de 27 563 dont 20% dans le privés.

Le nombre d’écoles secondaires, techniques et professionnelles est de 107 dont 64% sont du privés. Il y a 1867 enseignants dans les écoles secondaires, techniques et professionnelles dont 1004 contractuels. Est-ce pour cette raison que l’école est aujourd’hui prise en otage ?


Daba Balla KEITA

04 Juin 2008