Partager

Une vive tension oppose depuis des heures la population de Gao à la police islamique du Mouvement pour l’Unicité et le Jihade en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Selon nos sources, le mouvement islamiste n’a pas hésité à faire usage d’armes à feu.

On ignore, pour le moment, s’il y a eu des victimes à l’issue de cette altercation. La situation restait «toujours très tendue» au moment où nous mettons en ligne cet article. «Les tirs sont en cours depuis», rapporte un habitant de la ville.

En fait, des jeunes surexcités ont pris à parti le domicile du commissaire de la police islamique pendant que l’organisation salafiste détenait des journalistes et animateurs de la radio Adar.

Ces employés de la radio ont été interpellés et bastonnés en «plein journal», selon une source locale, pendant qu’ils «étaient en entretien téléphonique en direct avec Me Malick Talibo» en début d’après midi du dimanche 5 août 2012. Cet avocat, poursuit notre source, demandait aux responsables du mouvement islamiste de se retenir de faire des exactions, parlant de possibilité de poursuite judiciaire. D’habitude, la radio Adar est très critique à l’égard des islamistes et de la charia.

La principale pomme de discorde serait d’ailleurs relative à cette loi islamique que les islamistes avaient voulu appliquer à un présumé voleur. Celui-ci devrait être amputé d’un bras, une sentence que la population trouve inhumaine. La contestation a donc commencé par une marche dans la matinée de ce dimanche pour sauver le jeune homme de cette tragédie.

Seydou Coulibaly

Le 5 Août 2012, ML : 22H50TU

© AFRIBONE