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Le tout Tombouctou attendait cette nouvelle avec impatience. La place de l’Indépendance, vitrine de la vieille cité, sera relookée, la rendant verdoyante dans un style architectural qui concilie superbement modernité et tradition. Le gouverneur de la région, le commissaire divisionnaire Bakoum Kanté, a fait de ce projet son cheval de bataille.

Pour le chef de l’exécutif régional, donner un coup de charme à cette place est une preuve éloquente d’un nouveau départ pour le développement de la Cité mystérieuse. La réfection de cette place sur laquelle trône le célèbre monument d’Elfarouk est une initiative que l’État n’a pas hésité à soutenir. Son financement, qui va coûter la bagatelle de 300 millions de Fcfa, est acquis. Les dossiers d’appel d’offres sont traités et les travaux vont bientôt commencer.

Les travaux concerneront les voies d’accès, le rafraîchissement du monument d’Elfarouk, un bloc de défilé et d’autres commodités pour offrir une seconde jeunesse à la place de l’Indépendance. En plus des bitumes et du calcaire local, ce sera un véritable poumon vert au cœur de la cité. Les tourtereaux pourront s’y rencontrer pour se dédier des poèmes romantiques.



De toute évidence, la nouvelle était attendue dans les vestibules de Tombouctou. Dès la publication des différentes maquettes du chantier, les activistes des réseaux sociaux de la localité, les radios locales et le bouche-à-oreille ont relayé sans modération la bonne nouvelle. Fatoumata Abdou, une habitante de la ville, manque de mots pour saluer l’engagement de l’exécutif régional à donner un coup de jeune à la vieille ville qui n’a que trop souffert de cette crise, dit-elle en substance. 



UN NOUVEL ÉLAN- « Fin de dépendance : Kouri Bangou (nom originel de la place) aura un tout nouveau visage grâce au chef de l’exécutif régional sur financement du budget national », commente, joyeusement, l’animateur Yehia Tandina. Le média local Alhadar de Sahel Vision WebTV, sur Tombouctouinfos.com, s’extasie avec la mention « urgent » en majuscule : « la place symbolise non seulement l’indépendance de notre pays, mais aussi la coexistence pacifique entre les fils du pays dans la région…». 



Qu’en dit le gouverneur lui-même ? C’est de son bureau qu’il explique fièrement le plan de l’ouvrage. Il a une vue imprenable sur le site. Le camp militaire à droite et le commissariat de police à gauche. Tout droit, la route qui mène à Kouréomé, au fleuve, en passant par le quartier Sans fil, centre des affaires.

Le commissaire divisionnaire Bakoum Kanté estime que la rénovation de la place de l’Indépendance est une nécessité absolue pour donner un nouvel élan à la dynamique sociale. C’est un symbole, soutient le gouverneur, qui nourrit d’autres ambitions pour la cité. 



Le gouverneur a déjà fait montre d’un volontarisme qui a marqué les esprits en mars dernier lorsqu’une pénurie d’eau s’est installée dans la ville. Cauchemar pour les populations, surtout les femmes, qui se réveillaient les matins sans pouvoir se laver ni préparer le repas. L’eau était devenue aussi chère que l’or. Les populations achetaient une barrique d’eau à 1.000, 1.250 et quelques fois à 1.500 Fcfa par endroits.

Selon les témoignages recueillis auprès des femmes, il fallait se réveiller à 4 heures ou 3 heures du matin pour avoir de quoi préparer le repas de midi. « Nous en avons souffert. L’eau, c’est la vie. Donc, si quelqu’un vous apporte de l’eau, il vous a donné la vie », témoigne une vieille dame devant la porte d’une concession, entourée de ses petits-enfants. 



Le gouverneur Kanté a fait de cette crise d’eau potable une affaire personnelle. Prenant le taureau par les cornes, en synergie avec le président de l’Autorité intérimaire, il a réalisé dans l’urgence absolue quatre pompes forages dans le quartier d’Abaradjou. 
Près de 70 millions de Fcfa, avec l’appui de certains partenaires et des bonnes volontés, pour ramener le liquide précieux dans cette partie de la ville.



A. C.

Source: ESSOR