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Créée en septembre 2010, la société coopérative des femmes intervenants dans la filière poisson à Bamako pris son envol avec la création d’emploi pour une couche importante de la population. Sirebara Fatoumata Diallo, promotrice de ladite société a jugé nécessaire d’évoluer dans ce secteur malgré ses études en comptabilité et banque.

– Pouvez-vous nous dire plus sur votre société ?

Sirebara Fatoumata Diallo : La société coopérative des femmes intervenants dans la filière poisson à Bamako est une entreprise multifonctionnelle. Nous produisons des matières et nous les transformons. Nous faisons les cultures hors-sol et nous intéressons à tout ce qui est développement agricole rural. Nous transformons les céréales notamment le fonio. Mais, nous sommes plus spécialisés et connus dans la pisciculture familiale ou à petite échelle. Et grâce à notre dernière création bouillon du poisson, nous avons remporté trois prix : prix de la qualité, prix de l’innovation technologique, prix du meilleur transformateur agroalimentaire du Mali en 2017.

– Quelle stratégie employez-vous employées pour le développement de la pisciculture?

SFD: Il faut savoir que l’espace pour faire la pisciculture figée sur un terrain est couteux par rapport à la pisciculture hors-sol. De ce fait, on peut la réaliser sur les toits des maisons, dans la cour et partout. Une bâche de trois mètres suffit largement pour faire un étang. Et un étang peut contenir 250 poissons. Or, si vous voulez faire une pisciculture figée, il faudrait vous attendre à une dépense gigantesque.

– A lire le nom de votre entreprise, nous avons l’impression qu’elle est une solution pour les femmes. Partant de ce constat, quel est le nombre de femmes que vous avez au sein de cette entreprise ?

SFD: J’emploie 32 femmes uniquement pour la production du fonio. Je les paye par semaine. J’emploie également les jeunes garcons. Parmi ces jeunes, il y a certains qui ont terminé avec leurs études mais, qui n’ont pas encore eu de boulot. En global, j’emploie 36 et 11 hommes. A rappeler que durant le mois de ramadan, je peux employer 100 femmes journalières, car en ce moment, il y a plus d’activités.

– Après l’élevage de ces alevins, quel est leur finalité ?

SFD: Après avoir élevé mes poissons, je les vends pour faire plus d’économies. Je vends le kilo à 2000 francs cfa. Après l’aspect économique, vient la nutrition. Je me nourris et ma famille mange également. Pour la petite anecdote, durant les 6 mois du confinement, mes poissons ont fait vivre ma famille. En ce moment, j’étais bloqué au Burundi.

– Quelles sont les difficultés rencontrez-vous au sein de votre société ?

SFD: Toute entreprise rencontre des difficultés. La mienne rencontre une difficulté financière. Si je veux faire un prêt à la banque, on m’exige des garantis que je ne possède pas. Or, je veux agrandir plus ma société mais, je manque de moyens. Et aussi avec le coronavirus qui a eu ses impacts sur ma société. Toutes les femmes qui travaillaient pour moi, ne viennent presque plus. Je paye cette cour à 150 000 francs cfa par mois. Depuis janvier à aujourd’hui, je ne paye pas. Les propriétaires du lieu ne m’encaissent pas, mais ils envoient la facture. Moi je ne vis que du poisson, quand un maillon se bloque, le marché tourne au ralenti. L’État doit nous aider.

Bamako, le 24 Septembre 2020

Adama Sanogo

@Afribone