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Pas de grasse matinée pour les Libyens riverains de la Méditerranée à Tripoli, réveillés chaque week-end par les déflagrations de dynamite, une pratique de pêche ravageant les récifs et la faune marine dans l’impunité la plus totale. Plus rentable mais beaucoup plus nuisible que les techniques classiques, cette pêche était déjà répandue en Libye. Mais elle s’est encore développée avec la prolifération des armes depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011. Postées sur les réseaux sociaux par des pêcheurs se vantant de leurs exploits sans crainte de poursuites judiciaires, des vidéos montrent des déflagrations soulevant l’eau de quelques mètres et projetant des dizaines de poissons morts à la surface. « On entend les déflagrations (…) mais personne ne peut les arrêter », déplore Bannour Abou-Kahal, directeur du port de pêche de Garaboulli, à l’est de Tripoli. « Elles font trembler les vieilles fenêtres de ma maison près de la mer tous les vendredis matin. Je ne m’habitue pas à ce bruit et lorsque mes petits-enfants viennent me rendre visite, je dois les rassurer en leur disant qu’il s’agit de gens qui pêchent et non de bombardements de l’Otan », raconte Mariam, 64 ans. Faible conscience écologique..AFP