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Chérif Gamal Siyam a rendu l’âme dans un fourgon de la police égyptienne, asphyxié par des gaz lacrymogènes tirés à l’intérieur du véhicule le 18 août, un événement qui ravive les craintes sur le respect des droits de l’Homme en Égypte. Tout a commencé par son arrestation, lors de la sanglante dispersion le 14 août de partisans du président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l’armée. Le gouvernement intérimaire affirme qu’aucune règle n’a été violée et le ministère de l’Intérieur a promis une enquête exhaustive. Mais les défenseurs des droits de l’Homme et les proches des victimes font porter la responsabilité de ces morts aux autorités. Oussama al-Mahdy, avocat et défenseur des droits de l’Homme, a pris des photos de 20 corps avant de les mettre en ligne, notamment pour faire taire la rumeur selon laquelle les détenus avaient été abattus par balles. Aucun cadavre ne portait d’impact de balle ni de blessure. Les visages noircis ont laissé certains penser que les corps avaient été brûlés. Face à ces spéculations, Priyanka Motaparthy, qui travaille pour Human Rights Watch, a montré les photos à un expert en médecine légale. « Il a été surpris par l’état de décomposition des corps », dit-elle. Mais il a affirmé que l’état des corps pouvait être dû à de mauvaises conditions de conservation et que les taches sombres pouvaient provenir d’accumulations de sang. Pour l’avocat, les 37 morts sont le signe que rien n’a changé en Égypte, en dépit de la révolte de 2011 qui avait renversé le régime Moubarak notamment dans l’espoir de faire progresser les droits de l’Homme… AFP.