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Les besoins en « engrais urée » à 631 tonnes et en engrais DAP à 493 tonnes.

Du vendredi 11 juillet au dimanche 13, les hommes de presse ont eu le loisir de s’informer largement sur le terrain quant à l’état des périmètres rizicoles. Ils ont aussi beaucoup appris sur la mise en œuvre de la gigantesque entreprise qui vise à instaurer l’autosuffisance alimentaire dans notre pays.

Outre les journalistes, la caravane comprenait un responsable de la Primature, un représentant de la direction régionale de l’Agriculture et le représentant de la cellule technique de l’Initiative riz.

Bla a constitué la première étape de cette visite de terrain. Ici, la délégation accompagnée par le chef du secteur agricole de la localité, Kassim Sanogo, a parcouru vendredi dernier la plaine aménagée de Woloni. Dans cet espace, 2000 hectares seront exploités cette année contre 600 lors de la campagne dernière.

La plaine de Woloni est irriguée selon un système de submersion contrôlée. Les journalistes se sont rendus dans une zone basse où le riz a germé dans de nombreux périmètres. Rien d’étonnant lorsqu’on apprend que les paysans avaient commencé le semis le 16 juin. Le résultat actuel est donc plus que satisfaisant.

Au moment de notre passage, les paysans attendaient cependant avec impatience les engrais. « Lorsque le riz a germé et après le désherbage, il faut épandre l’engrais DAP communément appelé Gneleni. C’est ce qu’il nous faut faire maintenant« , explique Siaka Diarra, chef du sous-secteur agricole de Yangasso. A la date de vendredi dernier les producteurs de la plaine de Woloni n’avaient pas encore été livrés, mais ils n’avaient plus longtemps à attendre.

Pas de temps perdu:

En effet, au village de Fani, la caravane a visité deux magasins où sont stockées 160 tonnes d’engrais prêtes à la distribution. « Ici, les besoins en engrais ont été estimés à 300 tonnes. Nous avons déjà reçu 160 tonnes, donc plus de la moitié. La distribution commencera dès demain (samedi 12 juillet) et tous les producteurs auront leurs engrais« , nous a assuré le chef du secteur agricole de Bla.

N’est ce pas trop tard, nous sommes-nous inquiété. Non, répond le technicien Siaka Diarra qui nous indique qu’en principe si la pluie ne trahit pas les producteurs, les objectifs de l’Initiative riz seront atteints dans la zone où le rendement tourne autour de 3 à 4 tonnes à l’hectare avec les variétés flottantes.

La plaine de San ouest a constitué la deuxième étape de la caravane qui a sillonné les 2130 hectares aménagés. Le chef du secteur agricole de San, Laye Diakité, estime les besoins en « engrais urée » à 631 tonnes et en engrais DAP à 493 tonnes. « À la date du 11 juillet nous avons reçu 494 tonnes d’engrais urée et 175 tonnes d’engrais DAP.

Les distributions vont donc commencer à partir du lundi 14 juillet« , indique-t-il. En ce qui concerne les semences, San ne connaît aucun problème. « Nous avons recensé sur place 61 tonnes de semences et la FAO a fait don de 72 autres tonnes. De ce côté là, nous étions donc parés », assure Laye Diakité.

Propriétaire de deux hectares dans une zone à submersion libre, Baki Fofana n’a pas perdu de temps. « Cette année, l’hivernage s’est installé très tôt. J’en ai donc profité pour faire le labour et je ne tarderai pas à semer. Je serai donc heureux d’avoir les engrais dès maintenant puisqu’ils sont là « , dit-il.  » Nous sommes entrain de faire la récolte de la contre saison. Après, nous ne perdrons pas de temps pour démarrer la nouvelle campagne« , relève un autre riziculteur.

Les périmètres irrigués de San sont gérés par l’association des riziculteurs (ARPASO). Les responsables de ce groupement ont exposé un côté inattendu dans le prix de cession des engrais. « Si le gouvernement nous vend le sac d’engrais à 12 500 F CFA, il nous est difficile de le rétrocéder au même prix aux producteurs.

En effet, notre association villageoise s’endette auprès d’une banque pour l’acquisition des engrais et elle aura par conséquent à payer les intérêts sur cet emprunt. Donc dans le prix de cession il nous faudra en ajouter un peu sur les 12 500 F CFA pour nous en sortir après« , expliquent-ils.

Un rythme soutenu:

L’Association des riziculteurs de San a soulevé aussi le problème du fonctionnement de la station de pompage. Installée en 1976 par le Fonds européen de développement et destinée à irriguer toute la plaine, celle-ci a été réhabilitée par le gouvernement en 2006. Mais les nouvelles installations sont restées inopérantes à cause d’un problème de fourniture d’énergie. EDM a indiqué que sa capacité ne lui permet pas de supporter la station.

Fort heureusement, un responsable de la Primature a donné la bonne nouvelle : le gouvernement a décidé de faire transférer de Ségou à San un groupe électrogène qui sera mis à la disposition de EDM. La station pourra donc être mise en marche. Les riziculteurs et les techniciens de l’agriculture se sont ouvertement réjoui de cette annonce qui permettra de préserver l’importante mobilisation observée autour de l’Initiative riz.

La délégation a bouclé dimanche dernier sa mission à Mopti. En compagnie du gouverneur Abdoulaye Mamadou Diarra et des responsables agricoles, les journalistes ont successivement visité le casier à submersion contrôlée de Tibo (1950 hectares), le périmètre irrigué villageois de Gnimitongo (28 hectares) et la plaine rizicole de submersion libre de Sabé (1250 hectares). Partout, les travaux de la campagne se déroulent à un rythme soutenu.

Les doléances tournent presque toutes autour de la disponibilité à temps des engrais. C’est la requête formulée par exemple par Samba Diallo qui exploite plusieurs hectares dans le casier de submersion contrôlé de Tibo. Lui a labouré et semé son champ depuis le 11 juin. Le riz a germé et un rendement satisfaisant est lié à la livraison à très court terme des engrais.

La disponibilité des engrais est aussi le souci des paysans de Sabé. « L’année dernière, nous n’avons pas pu avoir de l’engrais à suffisance. Cela à cause du coût élevé de ce produit. De ce fait, nous avons obtenu moins d’une tonne à l’hectare « , explique un producteur.

Le gouverneur Abdoulaye Mamadou Diarra a répondu de manière rassurante à toutes ces inquiétudes. L’engrais subventionné sera disponible à temps et dans les quantités déterminées par les techniciens agricoles, soit 2405 tonnes pour cette année. Cet engagement du gouverneur sera respecté.

En effet, la caravane a pu vérifier la présence du produit tant demandé en visitant les magasins de stockage de Soufouroulaye et de Barbé. Depuis le 11 juillet dernier, un carrousel de camions y décharge sans discontinuer les sacs d’engrais.


Envoyé spécial

M. KÉITA

16 Juillet 2008