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Ils ont survécu aux guerres civiles et à l’épidémie d’Ebola dans leur pays mais ils capitulent face à l’océan : des milliers d’habitants de West Point, à Monrovia, doivent quitter leur bidonville, le plus grand du Liberia, face à la montée des eaux. Entre 75.000 et 90.000 personnes vivent dans ce quartier de l’ouest de la capitale libérienne, sur une péninsule qui s’avance dans l’Atlantique, dans un labyrinthe d’étroites ruelles boueuses serpentant entre des maisons de plain-pied aux toits de tôle. Ce sont des pêcheurs, des commerçants, des « débrouillards » aux nombreux petits métiers, de petits trafiquants et de grands bandits. Pour certains, d’anciens combattants des guerres civiles (1989-2003, 250.000 morts). Une population parmi les plus défavorisées dans ce pays de 4,3 millions d’habitants harassés par la pauvreté. Cecelia Nimley, 56 ans, a longtemps vécu à West Point d’où elle a été contrainte de partir après que des vagues géantes eurent envahi sa maison et emporté ses biens. Masures, cabanes, logements et échoppes faits de matériaux récupérés s’empilent à West Point, sur 4 km2, pour beaucoup sans les commodités minimales imposées par les règles de l’urbanisation : branchements individuels aux réseaux de distribution d’eau potable, d’électricité, toilettes, assainissement. « Concernant l’eau, celle des puits devient salée et nous ne pouvons plus l’utiliser pour la boire ou cuisiner », affirme Amie Myers, 33 ans, mère de six enfants. AFP