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Cette question brûle toutes les lèvres, depuis que Mamadou Tiéoulé Konaté, fils du fondateur du parti BDIA-Faso Jigi, s’est, comme qui dirait, dressé contre les héritiers de son père, en acceptant de suivre les dissidents, ceux-là même qui se seraient jurés de déstabiliser le parti. Mamadou Tiéoulé Konaté avait-il cerné tous les contours de sa démission du parti ?

Dans tous les cas, les responsables du BDIA-Faso Jigi n’ont pas pu digérer cette démission, jugent incompréhensible le comportement du fils de feu Tiéoulé Mamadou Konaté.
En effet, lors d’une conférence de presse tenue le samedi 9 Février 2008, les responsables du BDIA avaient réagi à la déclaration du président des dissidents, M. Djibril Souleymane N’Diaye, selon laquelle sur les 44 secteurs que compte le parti, il en a entraîné 36 avec lui.

Aussi, le 1er vice-président du parti a indiqué qu’en aucune manière, le fils de Tiéoulé ne devait suivre les dissidents, à fortiori démissionner du BDIA-Faso Jigi, au profit de l’URD.

Selon lui, Mamadou Tiéoulé n’avait pas à s’immiscer dans cette querelle intestine que subit le parti depuis plus de deux ans. Il devrait être plutôt le réconciliateur, dont le souci est de sauvegarder le patrimoine de son père.

Aussi, les responsables du BDIA-Faso Jigi attendaient qu’il fasse comme les camarades qui, ayant agi avec les dissidents dans un premier temps, ont fini par comprendre les motivations inavouées de ces derniers, et ont pris toutes leurs responsabilités en refusant de cautionner cette démarche qui n’honore pas la mémoire des martyrs du parti, particulièrement son fondateur, décédé dans un accident de circulation routière en 1995.

Comment comprendre donc que le fils de Tiéoulé Mamadou Konaté se comporte ainsi, au moment où les responsables du BDIA invitent tous les militants à la concorde et la sérénité, à rester vigilants face aux tentatives de déstabilisation, afin de perpétuer les idéaux des vaillants martyrs du 27 Octobre 1995 ?

Aussi, les conférenciers ont saisi l’occasion pour rappeler les conditions dans lesquelles est née le BDIA-Faso Jigi, et exposer quelques oeuvres de feu Tiéoulé Mamadou Konaté.

Des oeuvres de feu Tiéoulé

Il faut-il tout d’abord rappeler qu’en 1992, le second tour de la première élection présidentielle démocratique du Mali avait opposé l’US-RDA à l’ADEMA, respectivement représentés par Tiéoulé Mamadou Konaté et Alpha Oumar Konaré. Ce dernier avait remporté les élections, après la trahison de certains responsables de l’US-RDA qui, pour des raisons d’intérêt personnel, ont accordé leur soutien au président de l’ADEMA.

C’est pourquoi, Tiéoulé s’est vu obligé de démissionner de l’US-RDA – dont son père, Mamadou Konaté, est l’un des pères fondateurs-, pour créer le BDIA-Faso Jigi, en Avril 1993. Et les actuels responsables de ce parti qui, à l’époque, ont trouvé cette cause noble, s’étaient tous alignés derrière Tiéoulé.

Selon ses responsables, le BDIA est un parti rassembleur par essence. Depuis sa création par Tiéoulé Mamadou Konaté -qui a créé le Rassemblement des Forces Patriotiques (RFP)-, le parti est resté fidèle à ce concept en créant, avec d’autres partis, le Mouvement pour la Démocratie et le Changement (MDC), la Convergence pour l’Alternance et le Changement (ACC), et plus récemment, l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP), pour soutenir la candidature du Président Amadou Toumani Touré, plébiscité le 29 Avril 2007, dès le premier tour du scrutin.

Moussa TOURE

12 Février 2008.