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Il est un comportement dont on s’est peu préoccupé des conséquences morales et spirituelles dans notre communauté. Outre son impact sur la cohésion sociale, nul ne peut évaluer le contraste saisissant entre l’ampleur de ce phénomène et les attitudes tolérées par l’Islam. Cette comparaison apparemment exagérée n’est qu’un cri d’alarme qui doit attirer l’attention de chacun de nous sur le hadith du prophète (PSL) qui dit que:  » Celui qui croit en Dieu et au jour du jugement dernier doit bien parler ou se taire  » (Boukhari et Muslim).

Nous interpellons chacun de nous à méditer davantage sur ce phénomène. Découvrons ensemble ce que l’Islam en pense.

La médisance est une maladie endémique qui fait de grands ravages au sein de notre communauté. C’est un véritable fléau qui fait plus de victimes de par le monde, que toutes les maladies et les accidents réunis.

La médisance selon l’Islam est un comportement. C’est une pratique qui est en passe d’être légitimée car devenue une pratique courante dans les milieux sociaux. Elle est un problème social aux conséquences graves qui méritent qu’on y prête beaucoup d’attention.

Cependant, les enseignements du prophète Mohammad (PSL) sont assez formels à ce sujet. La médisance, selon l’Islam, est un comportement dangereux et une pratique odieuse. La définition que le prophète (PSL) nous donne est pathétique et pleine d’enseignement.

A l’un de ses compagnons qui demanda la nature et la portée de la médisance, il répondit en ces termes:  » La médisance, c’est dire de votre frère quelque chose qu’il trouvera déplaisant « . Le compagnon s’exclama  » Même si ce que le dis est vrai « . Le prophète répliqua: «  Si tu dis quelque chose de faux, c’est une accusation et un blasphème « .

Le Coran le confirme en ces termes : « O vous qui avez cru ! Évitez de trop conjecturer (sur autrui) car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas, et ne vous médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? (non) vous en aurez l’horreur. Et craignez Allah. Car il est grand accueillant au repentir, très miséricordieux « . Coran 45 verset 12.

La médisance serait reprouvée par l’islam quelle que soit la personne qui en fait l’objet. L’horreur de la médisance est comme manger la chair de son frère mort. Ce qui non seulement est inimaginable, mais également détestable.

La médisance influence négativement les bonnes relations sociales qui existent entre les membres d’une même communauté. Elle détruit l’honneur sans que la victime ne soit à mesure de protester ou de se défendre. Le croyant qui abhorre la médisance doit trembler à l’idée de manger un cadavre en putréfaction, puisque c’est ce qu’il fait.

L’horreur de la médisance peut aussi être cernée par le sermon édifiant que le prophète (PSL) fit à deux de ses compagnons lors d’un voyage. Il admonesta ses deux compagnons qui s’étaient, peut être sans le savoir, rendus coupables de ce crime odieux.

Le prophète (PSL) voyageaient avec quelques uns de ses compagnons quand ils entendirent deux d’entre eux faire des remarques répugnantes au sujet de Maïz Malick Aslami mort des suites de la sanction de lapidation à mort qu’il avait écopé après un adultère qu’il avait commis.

Le prophète (PSL) resta silencieux jusqu’à ce qu’on trouva au bord de la route un âne mort et en décomposition. Il fit injonction à la caravane de s’arrêter et demanda à ces deux personnes de descendre et de manger l’animal mort.

Elles étaient décontenancées par l’ordre du prophète et murmurèrent :  » Comment-pouvons nous manger un animal mort ?  » Le prophète (PSL) furieux dit alors  » En tout cas, sachez que ce que vous étiez en train de manger de l’honneur de votre frère mort était même plus ordurier que ce que je vous demande de manger à l’instant « .

Il serait donc important pour chacun de nous de tirer quelques leçons sur l’attitude du prophète (PSL) face à ses compagnons et la pédagogie utilisée pour leur enseigner les conséquences de la médisance. Cela doit nous amener à réfléchir davantage sur ce phénomène qui déchire permanent le tissu social de toute la communauté.

Ce n’est pas seulement celui ou ceux qui dénigrent qui sont en faute mais aussi tous ceux qui sont attirés par de telles conversations.

Voilà pourquoi, il est souhaitable que si au cours d’un rassemblement quelconque, quelqu’un se met à médire, que ceux qui écoutent protestent avec la dernière énergie et si cela est nécessaire quittent les lieux. La gravité et l’ampleur de la médisance dans notre société peuvent être une cause de conflits permanents.

La médisance en tant que maladie spirituelle est donc un obstacle à l’épanouissement moral de la Umma.

Nous avons donc tout intérêt à travailler à nous en débarrasser.

Mohamed KIMBIRI AISLAM (Association

Islamique pour le Salut)

05 octobre 2007.