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Envers et contre tout, le ministère des enseignements secondaires, supérieur et de la recherche scientifique a décidé d’évaluer les élèves du niveau secondaire. Il est trop tôt pour parler d’une réussite de l’opération commencée le 19 mai et qui doit s’achever le 30 du même moi.

La première journée a été marquée par une course poursuite entre des élèves et les forces de l’ordre. Dans certains établissements, malgré le soutien de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) à la tenue des évaluations, les élèves se sont solidarisés à la cause de leurs profs.

Les membres de la coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES-) se gardent pour l’instant de faire des commentaires sur les évaluations en cours. Ils ont été surpris par la décision du ministère d’organiser les compositions sans eux, mais restent persuadés que l’on ne peut pas réussir dans l’éducation sans le soutien des enseignants.

Nous attendons la suite de ce qui se passe actuellement. C’est la preuve que l’Etat ne s’intéresse pas à l’éducation. Comment peut-on vouloir écarter les enseignants de la gestion de l’école ?” s’est indigné Amara Sow, enseignant au Lycée Mamadou Sarr.

Du côté du département, on estime que les épreuves se déroulent normalement. Ainsi, les perturbations de la première journée sont mises au compte d’individus qui se seraient vite lassés de narguer les forces de l’ordre et l’administration scolaire.

Aujourd’hui (la deuxième journée, Ndlr) les compositions se passent normalement dans tous les établissements concernés à l’exception de l’ECICA (Ecole centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration, Ndlr), a commenté Mamadi Tounkara, conseiller technique du ministre des enseignements.

Pour mettre en oeuvre son plan de sauvetage de l’année académique, le département a réquisitionné le personnel de l’administration, travaillant dans des services comme les académies d’enseignement. En plus de ces cadres, des professeurs affiliés à un syndicat non-membre de la COSES ont accepté de surveiller les compositions.

Tout bien considéré, le gouvernement est dans une mauvaise posture. Alors que l’issue de ces évaluations est incertaine, une autre crise s’ouvre au niveau supérieur. Le passage à tabac du Pr.

Djibonding Dembélé par des étudiants risque de compromettre profondément le déroulement des cours dans les facultés de l’université de Bamako. Le mardi 20 mai 2008, les professeurs du supérieur ont donné un ultimatum de deux semaines à leur département pour retrouver et punir les responsables de l’agression contre le Pr. Djibonding.

A en croire un cadre du ministère des enseignements secondaire et supérieur qui a requis l’anonymat, une enquête policière est ouverte depuis la semaine dernière en vue de mettre le grappin sur les coupables. Par ailleurs, dans un communiqué, le chef de cabinet du ministre a réagi le 16 mai, au lendemain de l’agression.

Le département condamne cet acte et se propose de faire diligenter les enquêtes par les services compétents pour identifier les auteurs”, souligne le communiqué.


Soumaïla T. Diarra

21 Mai 2008