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La situation en Mauritanie, une semaine après le coup d’Etat est devenue l’objet d’une préoccupation de la Communauté internationale. L’union africaine, la ligue arabe et les Nations Unies viennent de s’impliquer à travers leurs émissaires précipités auprès du général Ould Abdel Aziz, qui vient de renverser le président civil élu, à savoir Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Ces émissaires, tous Algériens n’attendent rien qu’une sortie rapide de la crise et le retour à l’ordre constitutionnel.

Ce sont Ramtane Lamamra, Commissaire de l’Union africaine (UA) à la paix et à la sécurité, Ahmed Ben Hilli, Secrétaire adjoint de la Ligue arabe et Saïd Djinnit, représentant spécial des Nations unies en Afrique de l’Ouest, tous Algériens et émissaire de leur organisation respective pour aider la Mauritanie à retrouver la voie perdue de son processus démocratique.

La mobilisation de ces émissaires qui sont des acteurs incontestés de la communauté internationale, vise à éviter que ce pays ne sombre dans une situation compromettante, suite au coup d’Etat mené par Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le chef de la junte militaire reçoit, depuis vendredi, de nombreux ambassadeurs et délégués des organisations internationales. C’est ainsi qu’il s’est longuement entretenu, dimanche dernier avec le commissaire de l’Union africaine (UA) à la paix et à la sécurité, l’Algérien Ramtane Lamamra.

«Nous venons promouvoir ce que j’appelle un sursaut de conscience des cœurs et des raisons, pour que les Mauritaniens dépassent la conjoncture difficile et se mettent ensemble pour préserver les acquis démocratiques, promouvoir l’Etat de droit et ouvrir des perspectives prometteuses», a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la solution ne peut venir que des Mauritaniens eux-mêmes.

L’UA avait envisagé vendredi soir de suspendre la Mauritanie de son organisation jusqu’à ce que le pays retrouve un gouvernement constitutionnel. Selon le diplomate algérien, Ramtane Lamamra, la position de l’UA découle des textes fondamentaux de cette organisation.

«Il s’agit surtout d’éviter que la Mauritanie tombe dans un cercle vicieux, où la crise s’approfondirait et où la communauté internationale serait amenée à prendre des mesures aux conséquences fâcheuses sur le vécu et l’avenir du peuple mauritanien», a-t-il déclaré.

Une réunion de coordination était ensuite prévue à Nouakchott entre la Ligue arabe, l’ONU et l’UA pour «aider la Mauritanie à sortir de la crise», selon le secrétaire adjoint de la Ligue arabe, Ahmed Ben Hilli, lui aussi, diplomate algérien.

Samedi, le général Ould Abdel Aziz avait reçu le représentant spécial des Nations unies en Afrique de l’Ouest, Saïd Djinnit. Selon cet autre algérien, après l’audience, « les Nations unies se joignent à toutes les institutions qui appellent au retour à l’ordre constitutionnel» en Mauritanie.

Commentant le renversement du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, l’émissaire de l’ONU a déclaré: «nous aurions souhaité que les difficultés entre les institutions se résolvent dans le cadre de ces institutions».

Cet élan diplomatique de la communauté internationale, porté par des diplomates algériens, ne fait que confirmer la pertinence du choix de l’Algérie pour assurer la facilitation dans la crise qui a secoué le nord Mali depuis le 23 mai 2006. Et c’est à juste raison que le Médiateur algérien, Abdelkrim Gheraieb, le plus chevronné des diplomates au Mali, reprendra son bâton de pèlerin dès la semaine prochaine.

L’Ambassadeur de l’Algérie au Mali, sans désemparer, prépare une rencontre en Algérie, pour permettre au fils de notre pays de se parler ; son objectif étant de parvenir à une paix définitive au Mali, entre les autorités de Bamako et les rebelles du nord Mali.

Abdelkrim Gheraieb a certainement fait de l’effort sans relâche, son crédo dans le traitement de la question du nord. Ce n’est un secret pour personne qu’il s’agit d’un dossier complexe qui a eu le temps de se compliquer davantage avec la désintégration des unités spéciales.

Il s’agit donc d’un travail de longue haleine qui doit éviter de se résoudre dans la précipitation et surtout éviter l’usage de la force comme moyen de règlement. Aller crescendo, étape par étape, c’est de cette méthode que procède le Médiateur, et qui finira certainement par porter fruit. Il faut surtout souhaiter au Médiateur bon courage. Pour la paix et pour le Mali.


B. Daou

13 Août 2008