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C’est arrivé la semaine dernière à la mairie de la commune VI

C’est un véritable coup de théâtre que les populations de la commune VI ont vécu, le jeudi 19 mars, quand mademoiselle Sadio Gakou a déclaré devant le maire qu’elle n’aimait pas Djanguiné Konté. Au milieu du remue-ménage que ce désistement de dernière minute a provoqué, une certaine Mariam, qui vendait les frites dans la cour de la mairie, s’est portée volontaire pour le mariage. Qui sera scellé, le même jour, au plan religieux

jpg_m2-3.jpgSelon certaines sources, c’est depuis un certain temps que la mère de Djanguiné Konté, 39 ans, chauffeur de son état, remue ciel et terre pour le mariage de son fils.

Pour cette troisième tentative, selon les mêmes sources, tous les préparatifs ont été tenus secrets jusqu’au jour du jeudi 19 mars, où le mariage devait être célébré avec faste.


La maman de Djanguiné, enseignante à la retraite, n’avait donc pas lésiné sur les moyens.

Tôt dans la matinée, griots, cantatrices, photographes et caméramen sans oublier les invités d’honneur dont plusieurs personnalités du milieu enseignant prirent d’assaut les deux hangars érigés pour la cérémonie.

C’est vers les coups de 9 heures qu’un cortège digne de ce nom quitta Quinzambougou pour la mairie de la commune VI dont la cour grouillait déjà de monde, à la grande satisfaction de la mère de Djanguiné.
Mais une fois devant monsieur le maire, à la question de savoir si la mariée, Sadio Gakou, 18 ans, aimait son mari, celle-ci répondit par un non cinglant à la face de Djanguiné Konté.

Ce fut le tollé dans la salle. Et malgré les pressions et les petites menaces voilées, le non de la jeune demoiselle fut catégorique et sans appel. Ce qui suscita la colère des sœurs de Djanguiné. Celles-ci menacèrent de déchirer les habits de la mariée désormais soutenue et défendue par ses parents. Deux camps bien décidés à en découdre se formèrent aussitôt autour du mari et de la mariée.

Ils étaient encore là quand une certaine Mariam, vendeuse de ‘’aloco’’ installée dans la cour de la mairie, se porta volontaire pour prendre la place de la mariée. Ce fut un ouf de soulagement pour la famille Konté, qui voyait déjà son honneur traîné dans la boue.

De l’endroit où Mariam vendait ses frites, la famille du marié la conduisit dans un salon de beauté. Elle revint, quelques temps après, dans ses plus beaux habits de noces. Ne pouvant pas célébrer le mariage tout de suite, la publication de ce nouveau mariage fut faite ce même jeudi suivie, à 16 heures, par le mariage religieux à la mosquée de Sogoniko.

Une fois de plus, on se retrouve face aux méfaits des mariages arrangés par les parents sans le consentement de la jeune fille. Car, selon certains témoignages recueillis dans la cour de la mairie, il paraîtrait que l’on n’avait pas dit toute la vérité à Sadio Gakou sur Djanguiné.

En effet, Sadio savait que Djanguiné est un Malien de France. Ce qui est tout à fait vrai, seulement Djanguiné a quitté la France, il y a à peine deux ans et exerce actuellement la fonction de chauffeur. Des détails que la mariée n’aurait reçus que le jour du mariage, dans la cour même de la mairie. D’où la révolte de la jeune demoiselle.

Notre constat, c’est le coup du destin. Mariam Kanté, en quittant sa maison, ne savait pas que le destin guidait ses pas à la rencontre de l’homme de sa vie.


Pierre Fo’o MEDJO

L’Indépendant du 23 Mars 2009